Quelques lectures sur la motivation …

En parcourant le blog, on peut constater que depuis un certain temps, je me pose des questions sur la motivation des étudiants (ici ou ). La quête avance et quelques lectures précieuses me permettent de clarifier un peu ce concept.

Je vous présente ici une synthèse de quelques articles qui m’ont éclairés :

- Peut-on apprendre sans motivation ? table ronde animée par Pascale Certa-Lafitte, avec Isabelle Causse-Mengui, Cécile Delannoy et Philippe Meirieu
- Vive la motivation ? par André Giordan – Cahiers pédagogiques n° 431
- Motivation à apprendre, mythe ou réalité ? par Hervé Legrain, 8e Biennale de l’éducation et de la formation – 2006
- La motivation des étudiants à l’université : mieux comprendre pour mieux agir par Rolland Viau – Conférence non publiée, Université de Liège – 2006.

Les deux premiers articles ont une approche plutôt générale du problème, ils précisent le sujet en en définissant les contours : il est sans doute plus précis de parler du « désir d’apprendre » des élèves ou étudiants plutôt que de leur motivation. De ce point de vue, le rôle de l’école est alors de donner envie d’apprendre. C’est d’ailleurs ce que font les pédagogues lorsqu’ils cherchent à « faire désirer à un enfant ce qu’il ne désire pas, en prenant appui sur ce qu’il désire ».

Les deux autres articles proposent des pistes de réflexions et d’actions pour dynamiser les élèves. Viau présente la dynamique de la motivation comme suit :

dynamique de la motivation selon Viau

Il précise par la suite différents facteurs pour chacun de ces points :

Les critères de valeur d’une activité :

- signifiante : l’activité est en lien avec les centres d’intérêts ou le projet personnel de l’élève
- diversifiée et en lien avec les autres activités (quelque soit la matière)
- authentique : l’activité va plus loin qu’un acte purement pédagogique, elle conduit à une production crédible pour l’élève (proche d’un produit professionnel pour les étudiants)
- interdisciplinaire
- durée satisfaisante : ni trop long, ni trop court …

Les critères de compétence d’un apprenant :

- l’activité représente un défi
- l’activité nécessite un engagement cognitif

Les critères de contrôlabilité d’une activité (rôle de l’apprenant dans l’activité)

- responsabiliser l’apprenant
- permettre à l’étudiant d‘interagir avec les autres

Les indicateurs de l’engagement d’un apprenant sont la persévérance (qui correspond à la durée de l’engagement) et l’implication cognitive (qui correspond à l’intensité de l’engagement).

Enfin, lorsque la réussite arrive, tous s’accordent à dire qu’il faut la reconnaître et la valoriser par des encouragements, félicitations, remarques lors des évaluations, ou autres…

Ce bref tour de la motivation et des différents leviers accessibles devrait permettre de mieux préparer les prochaines activités.

Des nouvelles de la collaboration pour la veille

Les espaces de travail du projet de collaboration pour la veille commencent à s’organiser… Les veilleurs animent :

- un wiki où ils structurent les sources d’information à suivre
- un blog en guise de journal de bord

De leur côté, les informaticiens présentent ces informations sur une page personnalisable que nous appellerons ‘univers’ pour reprendre l’appellation netvibes. Voici les liens vers les espaces déjà créés :

- facebook : le wiki, le blog
- communauté de pratique : le wiki, le blog, l’univers
- réseaux sociaux : le wiki, le blog
- twitter : le wiki, le blog, l’univers
- buddy press : le wiki, le blog
- e-réputation : le wiki, le blog

Il reste encore deux sujets qui n’ont pas décollé : e-Portfolio et identité numérique mais ils seront vite ajoutés à la liste.

Toute la difficulté va maintenant résider dans la cohérence entre les sources repérées par les veilleur (présentées dans les wikis) et leur intégration dans le portail : c’est un des aspects de la collaboration. Un autre aspect de cette collaboration qu’il sera intéressant de suivre est de voir si les veilleurs vont demander aux informaticiens d’apporter leur éclairage technique sur le sujet traité et comment cela peut s’organiser.

N’hésitez pas à parcourir ces espaces et à y apporter vos commentaires.

L’accompagnement personnalisé en seconde

Le Guide de l’Onisep « Après la troisième – spécial nouveau lycée » présente cet accompagnement comme suit :

« 2 heures par semaine sont consacrées à l’accompagnement personnalisé, forme d’enseignement qui s’adresse à tous les élèves de 2de générale et technologique. Il vise plusieurs buts :
- vous aider à surmonter les premières difficultés éventuelles afin de ne pas perdre pied ;
- vous aider à aller plus loin en vous donnant du temps pour approfondir ou effectuer des recherches individuelles dans certaines matières ;
- vous faire acquérir des méthodes de travail (prise de notes, organisation personnelle, recherche documentaire, travaux interdisciplinaires…), le sens de l’autonomie, et une culture générale suffisante pour décrypter le monde actuel ;
- enfin, vous permettre de réfléchir à votre orientation future, y compris en poursuivant votre découverte des formations. »

Si l’on veut que ces heures soient riches et efficaces, il faut sérieusement réfléchir à leur utilisation pour éviter qu’elles ne se réduisent à un ’soutien’ déguisé ou pire, des heures en vrac pour finir le programme …

Pour l’instant, je n’ai vu que deux propositions pour exploiter ces heures  :

- L’une qui émane de la FADBEN (Fédération des associations d’Enseignants documentalistes de l’Education nationale) qui présente un module d’enseignement à l’information documentation. La base de calcul pour la durée de ce module est de 10h/année, elle découle du rapport du sénateur David Assouline sur l’impact des nouveaux médias sur la jeunesse. Cette proposition me semble très intéressante et mérite d’être proposée aux établissements.

- L’autre qui présente une exploitation de ces heures pour gérer l’hétérogénéité dans une matière (en mathématiques dans l’exemple proposé) en travaillant avec des groupes d’élèves sur trois niveaux : remédiation, consolidation, pour aller plus loin. Cette proposition répond aux deux premiers objectifs (surmonter les premières difficultés et aller plus loin) mais pas du tout aux deux suivants (apprentissage de méthodes de travail et orientation).

Pour l’instant, j’envisage deux pistes de réflexions qui toutes deux ont pour but d’aider les élèves à mieux se connaître pour mieux se motiver. L’une des pistes porte sur l’apprentissage et l’autre sur l’analyse de la personnalité.

Première piste : qu’ai-je appris, découvert ou re-découvert cette semaine ?

Cette question me paraît cruciale dans un cursus scolaire et il faut aider les élèves à se la poser. Plusieurs autres questions doivent en découler : Où est-ce que j’apprends ? Quelles sont mes sources d’information et d’apprentissage ? Comment est-ce que j’apprends ? Quand l’apprentissage scolaire rejoint-il mes préoccupations du quotidien ?

L’idée est de faire ressortir par ce biais les centres d’intérêts de chaque élève, leur méthode d’apprentissage et de les aider à faire le lien entre les différentes sources d’apprentissage et leurs préoccupations quotidiennes. Ce travail d’analyse réflexive et de formalisation facilite l’appropriation de ces notions et peut permettre de clarifier les motivations des élèves. De plus, ce peut être l’occasion pour l’élève de prendre conscience que l’école n’est pas le seul lieu d’apprentissage et que l’institution scolaire intègre et fédère l’ensemble de ses apprentissages pour l’aider à se construire.

Deuxième piste : qui suis-je ?

L’idée est là de travailler sur la personnalité de l’élève, de l’aider à répondre à des questions du type :

- Qu’est-ce qui m’intéresse ?
- Quelles sont mes qualités ?
- Quelles sont mes valeurs ?
- Qu’est-ce que je sais faire ?
- …

Le rôle de l’enseignant n’est pas ici d’évaluer l’élève ou de répondre à sa place mais de l’aider à reconnaître qui il est, à se construire, à avancer dans la définition de son projet professionnel. Cette démarche peut s’apparenter à la construction d’un portfolio qui regroupe des traces d’apprentissage et des indicateurs tangibles de ce que l’on avance (ce serait alors un portfolio de présentation). Il faut cependant garder en mémoire que la démarche prime sur le résultat : il n’est pas question d’évaluer le contenu, l’organisation ou les choix des étudiants. L’artéfact produit est construit par l’élève et pour lui. L’enseignant n’intervient que comme facilitateur lors du processus au niveau des méthodes, des pistes de réflexion, de la structuration, etc …

Ces deux projets peuvent être l’occasion de mettre en place des méthodes et des outils de synthèse (représentation cartographique par exemple), de recherche et d’investigation (recherche documentaire par exemple). Par ce biais, on peut travailler en parallèle le fond et la forme et voir avec  élèves comment les méthodes et outils utilisés dans ce cadre peuvent être appliquées dans leur vie, en particulier dans leurs études.

Je n’ai pour l’instant aucune idée de l’organisation temporelle de ces projets mais à priori, il devrait être intéressant de les vivre dans la durée pour pouvoir avoir le temps de la réflexion, de la matûration, de l’analyse, de la structuration, …

N’hésitez pas à réagir et proposer vos idées d’exploitations de ces heures …

Un nouveau projet collaboratif de veille

C’est reparti pour un projet de veille associant les étudiants du BTS IRIS à ceux de l’IUT Info-Com de Dijon ! L’organisation cette année se fera autour d’une page personnalisable (iGoogle, netvibes, pageflakes, webwag, ou autre …). Le thème général retenu s’articule autour des réseaux sociaux et de l’ identité numérique (c’est à la mode !!!). Voici les 8 sujets proposés :

- identité numérique
- réseaux sociaux
- communauté de pratique
- e-portfolio
- e-réputation
- twitter
- facebook
- buddypress

L’idée est que les étudiants de l’IUT s’occupent de fournir du contenu : les sources d’informations à suivre (fils RSS, #hashtag, @identifants twitter, tags delicious, …) ainsi que les références des sources qui ne sont pas accessibles en ligne. Les étudiants informaticiens sont quant à eux responsables de la mise en forme de toutes ces informations (filtrage, dédoublonnage, …) et de la structuration de la page. Ce travail doit aboutir à une carte du sujet concerné recensant et structurant les sources d’informations repérées.

1 – Qu’attendre d’une telle activité ?

C’est la première question à se poser avant d’envisager un tel projet … Pour ma part, voici mes réponses pour les étudiants informaticiens :

- le travail en groupe, avec confrontation à des personnes extérieures au groupe classe : cela offre une occasion de communication ‘professionnelle’ réelle avec des personnes d’origine et de culture différente.
- la découverte des méthodes de veille : la veille n’est pas réservée aux veilleurs et documentalistes, il est à mon avis important d’initier les étudiants aux méthodes de veilles ainsi qu’aux outils utilisables pour synthétiser et publier ce travail.
- les réseaux sociaux et l’identité numérique sont deux phénomènes que les étudiants doivent appréhender pour prendre conscience de l’intérêt et des limites du web 2.0.
- voir autrement l’algorithmique en utilisant Yahoo!pipes pour triturer les flux RSS.
- configurer un service (la page d’accueil) en respectant les avis d’un ensemble de personnes (le cahier des charges n’est pas strict et défini à l’avance).
- la curiosité : ah ! si les étudiants pouvaient être curieux et assoiffés d’apprendre … Donnons-leur l’occasion de découvrir qu’apprendre n’est pas toujours fastidieux et qu’ensemble on peut faire plus et mieux que la somme du travail isolé de chacun …

2 – Comment évaluer un tel travail ?

Les réponses à la question précédente permettent de baliser le projet et définir les points qui seront évalués. Ainsi, la configuration de l’interface sera évaluée de façon sommative (justification de l’outil choisi, configuration, ergonomie) ainsi que le travail effectué sur l’enrichissement des flux suivis à l’aide de Yahoo!pipes.

Le travail collaboratif sera analysé par les étudiants : une réunion à mi-projet doit permettre de faire le point sur les interactions entre les étudiants, à cette occasion, ils devront présenter leur vision du fonctionnement de l’équipe géodistribuée et leurs propositions pour perfectionner l’organisation. Cette analyse sera commentée par les enseignants.

Enfin, il est prévu de faire une évaluation sommative sur le contenu des informations collectées lors de l’exercice ainsi que les méthodes et les outils utilisés par les différents groupes. Cela devrait motiver les étudiants à suivre le travail de tous les groupes…

3 – Un peu plus d’informations …

Voici le diaporama de présentation aux étudiants qui recense le travail de chacun, les sujets de veille et quelques liens pour débuter dans le travail.

Ci-dessous, une représentation temporelle du déroulement du projet avec définition des rôles de chacun.

Dernière minute ! il manque malheureusement une équipe d’étudiants de l’IUT à mettre en face des informaticiens, nous remplirons ce rôle, ce sera l’occasion de voir l’influence d’une autre organisation du travail et des équipes. Le thèmes que nous devons traiter est Twitter, affaire à suivre …

Quelle motivation pour apprendre ?

Lors d’un précédent article, je présentais ce schéma proposé par Marcel Lebrun sur l’activité pédagogique et les moteurs d’un dispositif d’apprentissage.

schéma présentant l'activité pédagogique selon Marcel Lebrun

En y réfléchissant et en le mettant en parallèle avec le fonctionnement repéré avec les étudiants, une question me taraude : qu’est-ce qui motive un étudiant aujourd’hui pour apprendre ? D’après le schéma, la motivation est le moteur de l’activité ; elle est donc essentielle. Reste à savoir ce qui peut motiver l’étudiant :

  • l’activité elle-même,
  • la production finale attendue,
  • le sujet de l’étude,
  • le projet professionnel personnel,
  • la note donnée par l’enseignant,
  • l’interaction avec d’autres personnes,
  • une autre source à déterminer

Une activité ne motive que sur un relativement court terme : dès qu’on change d’activité, il faut rechercher une nouvelle source de motivation. Ce qui est motivant dans une activité tient plutôt de la méthode et du savoir-faire. Il faut donc sans doute repérer les méthodes de travail qui correspondent aux étudiants. Je pense à ce sujet qu’il est souvent plus motivant pour un étudiant de rechercher des informations, de croiser ses sources, d’en faire une synthèse et de la présenter à la promotion (pas forcément oralement).

Pour que la production finale soit source de motivation, il faut que l’étudiant y trouve son compte, qu’il y voie un intérêt. Cet intérêt peut être par exemple la reconnaissance par autrui (enseignants, autres étudiants, professionnels du domaine …) ou un apport personnel (meilleure connaissance de soi par exemple). Ces sources de motivations peuvent sans doute être fortes mais il doit falloir les expliciter clairement au début de la séquence pédagogique afin que les étudiants en aient conscience.

Le sujet de l’étude est source de motivation s’il rejoint un centre d’intérêt personnel de l’étudiant. C’est sans doute difficile de fédérer tous les étudiants autour du même sujet. Cela peut quand même être un souci pour l’enseignant d’essayer de rejoindre les centres d’intérêts des étudiants dans l’approche des notions qu’il doit apporter.

Le projet professionnel de l’étudiant peut être une forte source de motivation, encore faut-il qu’il en ait un !!! L’enseignant peut difficilement agir sur ce facteur dans sa scénarisation pédagogique …

La note ! une source de motivation ! Je suis toujours déçu de voir que les étudiants travaillent pour avoir une ‘bonne note’ (avec toute la relativité qu’on peut envisager sur ce qu’est une bonne ou une mauvaise note …). Je trouve que c’est une confusion grave entre le l’objectif et le moyen qui perdure et que les étudiants ont du mal à corriger.

Il est possible que l’interaction, la discussion, la rencontre, la confrontation soient sources de motivation. Cela signifie que l’enseignant doit prévoir dans son scénario des activités qui intègrent ce paramètre. Cela revient à la définition de l’activité (cf. ci-dessus).

Après cette analyse toute personnelle des sources de motivation, je reste sur un constat mitigé sur la motivation des étudiants pour apprendre. Comme si les étudiants se complaisaient dans une vision du monde où l’on peut tout avoir instantannément et sans effort (comme sur internet) même les savoirs, savoir-faire, savoir-être …. Toute l’inventivité pédagogique mise en oeuvre ne suffit pas toujours à les motiver pour travailler et dépasser l’effort nécessaire pour atteindre la satisfaction d’apprendre, de comprendre, de grandir. Peut-être que la motivation nécessite parfois un peu de maturité, et ça c’est la vie qui la développe …

TICE et pédagogie

Après avoir visionné ces deux conférences de Joël de Rosnay et Marcel Lebrun, quelques idées fortes ressortent et il me semble important de les garder en mémoire lorsque l’on souhaite intégrer la technologie à sa pédagogie.

Tout d’abord, c’est le projet pédagogique, l’intention pédagogique, qui doit guider le choix des outils utilisés. Il ne faut pas décréter un jour qu’on va se mettre aux nouvelles technologies pour que tout s’articule à merveille et que cela apporte une plus-value visible. Ces outils apportent de nouvelles possibilités :

  • dilatation du temps scolaire,
  • communication,
  • publication et/ou historisation de travaux ou d’activité,
  • variété des ressources, …

C’est pour ces possibilités, et en fonction de ce que l’on veut vivre avec les élèves ou étudiants qu’il faut choisir l’outil technologique le plus adapté. (je choisis volontairement « vivre avec les élèves ou étudiants » plutôt que « faire » pour insister sur l’implication personnelle nécessaire de la part de l’enseignant). Le document instrumentation pour prodagéo peut être une piste pour aborder des possibilités offertes par les TICE et guider dans le choix de l’outil le plus adapté au besoin et au contexte de chacun. Il ne faut pas s’illusionner, la méthode pédagogique est plus importante que l’outil et si l’on utilise un nouvel outil, il va falloir mettre en place une nouvelle méthode pour en tirer le meilleur parti… Ce n’est pas parce qu’un polycopié est en ligne que les étudiants vont être plus performants que lorsqu’ils en avaient une photocopie.

Un autre point qui me semble important est l’évaluation des étudiants qui utilisent les TICE. Lorsque l’utilisation vise le développement de méta-compétences (communication, recherche d’information, …), comment évalue-t-on leurs progrès ? Quels sont les signes de leur apprentissage ? Quel niveau de compétence vise-t-on ? Je n’ai actuellement pas de réponses à ces questions, cependant, des dispositifs comme le B2I ou C2I (dont le livret d’accompagnement du référentiel apporte quelques précisions) peuvent être des repères pour guider les enseignants.

Un troisième point me semble très intéressant et qui est énoncé par Marcel Lebrun : on apprend en soi, en s’appropriant des connaissances. L’élève ne peut apprendre que s’il a la volonté et fait l’effort de s’impliquer dans sa formation. Le travail de l’enseignant est donc de créer des situations motivantes pour que l’élève s’investisse : c’est le meilleur (le seul ?) levier que nous ayons à notre disposition.

Marcel Lebrun propose un schéma qui doit s’appliquer à tout projet pédagogique (qu’il y ait utilisation ou pas de technologies informatiques), que je reproduis ci-dessous :

schéma présentant la structure d'un projet pédagogique selon Marcel Lebrun

  • L’information est la base, la connaissance à s’approprier
  • L’activité précise ce que fait l’élève
  • La motivation est le moteur qui fait vivre l’activité. L’enseignant peut avoir à fournir du carburant pour ce moteur …
  • La production est le résultat de l’activité, il pourra être réinvesti et servir de base à d’autres activités par rétroaction.
  • L’interaction offre la possibilité d’intégrer une source de questionnement externe qui permet d’approfondir l’activité pour enrichir la production.

En mettant ce schéma en regard avec celui-ci où j’essayais de représenter ma conception de l’apprenant au centre de sa formation, on retrouve des aspects communs avec les idées développées ci-dessus.

l'apprenant au centre de sa formation

  • L’activité de l’apprenant correspond à : ‘je réalise’, ‘je recherche’, ‘j’analyse’,
  • L’appropriation se fait au niveau de ‘je structure’,
  • La rétroaction correspond à une possibilité de ‘j’exploite’.

Reste à positionner la motivation, l’interaction et la production …

Je pense que la motivation est le ‘terreau’ sur lequel peut se développer ce schéma, c’est le fond de l’image… Il faudrait voir en transparence pour pouvoir lire ‘je suis motivé’ qui est le précepte de base comme vu plus haut.

l’interaction pourrait se voir en mettant plusieurs diagrammes d’apprenant côte à côte et voir qu’en fait ils se chevauchent. Comme le présente ici Florence Meichel, plusieurs ‘Je’ peuvent faire un ‘Nous’ (s’il y a interaction). On passe alors à l’apprentissage collaboratif où l’on apprend des autres. Dans ce cas, l’enseignant n’est pas forcément plus une source de savoir que n’importe quel élève …

Un enseignant en recherche

Je participais récemment à la journée Jeunes recherches de la conférence S-Team. C’était l’occasion de présenter Prodagéo, le contexte, la démarche utilisée, l’évaluation des premiers résultats et l’avenir envisagé. C’était aussi pour moi une première confrontation avec la recherche puisque ma première participation à un tel événement. Une fois revenu dans mon cadre habituel, quelles conclusions puis-je tirer de ce que j’ai vécu ?

1 – C’est très motivant de présenter son travail, de le confronter à d’autres regards et de recevoir des critiques pour avancer.

2 – La démarche de chercheur est très rigoureuse (beaucoup plus que mon cheminement personnel et ma réflexion autour de mon enseignement).

Ce dernier point fait jaillir en moi plusieurs interrogations : Comment peut-on concilier cette démarche rigoureuse stricte (que je respecte beaucoup) et un métier (d’enseignant en l’occurrence) en parallèle ? Qu’est-ce qui me motive dans ma démarche de recherche ? Qu’ai-je envie de vivre ?

Actuellement, je me sens plus motivé par la progression des étudiants et la mise en place de dispositifs d’apprentissage qui leur conviennent. Cette réflexion sur mes pratiques s’enrichit largement du travail de nombreux chercheurs qui me nourrissent et m’apportent les bases théoriques, leurs expériences, leurs réflexions et des pistes d’avancée. Tout cela m’amène à me positionner comme un ‘expérimentateur’, intégrant dans mes pratiques des concepts issus de la recherche, plus à l’aise dans un statut d’enseignant en recherche que d’enseignant chercheur (que je ne suis pas du tout).

Cette analyse personnelle réflexive me semble importante car elle me permet de préciser :

- dans quelle direction je vais : comment rendre l’étudiant le plus acteur possible de son apprentissage
- ce qui me motive : la relation avec les étudiants, les voir se construire et avancer (dans un sens plus large que le domaine strictement scolaire)
- les priorités que je me fixe pour la suite : avancer sur l’évaluation des actions que j’entreprend (évaluation du process et des résultats) et faciliter le transfert des démarches et outils que j’utilise (Prodagéo, la pédagogie par projet et l’utilisation des wikis)

Enfin, une question m’a été posée à la suite de cette présentation : « Qu’est-ce qui motive les étudiants dans Prodagéo, est-ce le projet en lui-même ou la nouveauté du cadre pédagogique ? » Cela me semble une bonne question. A approfondir…

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Intervention à la conférence S-Team

Voici ci-dessous le diaporama support pour mon intervention lors de la journée jeunes recherches de la conférence S-Team.

Et voici l’article proposé en rapport avec cette présentation…

Qu’est-ce qu’un projet motivant ?

En voulant poursuivre sur la lancée des années précédente, je compte faire travailler les étudiants de première année sur des projets ‘motivants’. Là se pose une question : « Qu’est- ce qu’un projet motivant ? » Il me semble que pour être motivant, un projet doit allier :

- des partenaires intéressés,
- une complexité technique raisonnable,
- un lien avec le quotidien des étudiants (dans ce domaine, le mieux serait que les étudiants choisissent leur sujet, mais c’est alors difficile de trouver des partenaires intéressés…)

Tout cela ne semble pas forcément facile à assembler. L’année dernière, nous avions repéré le projet ArgoNautica qui est mené par le CNES et le CNRS. Il s’adresse aux élèves et étudiants et offre la possibilité de suivre des balises, dérivantes ou implantées sur des animaux polaires, pour étudier les modes de vie des animaux et l’influence du climat sur l’évolution du milieu marin. Nous nous intéresserons au projet ArgoNimaux qui suit des balises implantées sur les animaux.

>> Ce cadre offre une réponse au premier point : le partenaire intéressé.

Nous allons donc nous lancer dans l’aventure de création de sites web en relation avec le sujet du projet (animaux polaires, courants marins, cartographie, géolocalisation) et intégrant des cartes qui permettront d’afficher les dernières positions connues des animaux suivis. Même si la difficulté est ici double, puisqu’elle concerne la recherche d’information sur le sujet d’étude et la mise en forme de ces informations, elle semble tout à fait raisonnable pour des étudiants de première année.

>> Voilà qui répond au deuxième point …

Enfin, il faudrait que le sujet concerne les étudiants. Ils ont pu choisir le thème abordé par leur site web dans une sélection proposée, sachant qu’ils pouvaient eux-mêmes proposer un sujet. Sinon, l’intégration d’un outil cartographique les motive (à tel point qu’il faut leur rappeler que ça n’est pas le seul objectif du projet).

Le projet est jalonné tous les 15 jours, par un point d’avancement et la présentation d’un aspect technique :

- Outils et méthodes pour rechercher des informations, citer ses sources, croiser ses sources,
- Mise en page d’information HTML et CSS,
- Intégration de données dynamique et géolocalisation : interaction simple avec une base de données, outils de cartographie en ligne.

Il est prévu que les sites soient en ligne et présentables pour la mi-novembre. Pour l’instant, ils sont en construction et seront bien sûr présentés ici dès que les premières pages sortiront. Vous pouvez déjà aller voir sur le wiki qui suit le projet les recherches effectuées pour trouver des hébergeurs.

Pour information, voici les 8 thèmes abordés : les éléphants de mer, les albatros, les phoques de Wedell, les manchots, les satellites, la géolocalisation, la cartographie, les courants marins.

ArgoNimaux sera sans doute utilisé tout au long de l’année pour appliquer les différents apprentissages des étudiants. Affaire à suivre …

Prodagéo aux journées S-Team à Grenoble

Lors des prochaines journées S-Team qui auront lieu à Grenoble du 20 au 22 octobre 2009, j’aurai l’occasion de présenter la collaboration enseignante nécessaire pour les projets Prodagéo ainsi que les fruits que cela porte. Les journées S-TEAM 2009 constituent le lancement pour la France du projet européen S-TEAM qui implique quinze pays durant trois ans. Le volet français du projet vise 2 objectifs :

- Utiliser la collaboration enseignante comme moyen de promouvoir l’accès à la culture scientifique, l’équité et la considération de la diversité des élèves en classe de sciences.
- Partir des résultats des recherches actuelles sur la collaboration enseignante afin d’assurer l’implantation des stratégies d’enseignement visées par le projet S-TEAM.

Le texte et la présentation de l’intervention sont ici