Prodagéo aux journées S-Team à Grenoble

Lors des prochaines journées S-Team qui auront lieu à Grenoble du 20 au 22 octobre 2009, j’aurai l’occasion de présenter la collaboration enseignante nécessaire pour les projets Prodagéo ainsi que les fruits que cela porte. Les journées S-TEAM 2009 constituent le lancement pour la France du projet européen S-TEAM qui implique quinze pays durant trois ans. Le volet français du projet vise 2 objectifs :

- Utiliser la collaboration enseignante comme moyen de promouvoir l’accès à la culture scientifique, l’équité et la considération de la diversité des élèves en classe de sciences.
- Partir des résultats des recherches actuelles sur la collaboration enseignante afin d’assurer l’implantation des stratégies d’enseignement visées par le projet S-TEAM.

Le texte et la présentation de l’intervention sont ici

patron de scénario pédagogique pour Prodagéo

A la suite des conclusions tirées du projet réalisé entre les étudiants de BTS IRIS et de l’IUT Info-Com (1, 2), je me suis mis en tête de refondre la grille du scénario. L’idée qui m’animait était que le scénario d’origine était trop centré sur l’outil BLOG par rapport au fonctionnement général du projet : un outil doit répondre à un besoin et non pas limiter un fonctionnement. Il fallait donc mettre en place un document qui permette de synthétiser tous les aspects du projet pour pouvoir, in fine, répondre à 2 questions :

  • Comment évaluer le travail des étudiants au cours du projet ?
  • Quels outils sont nécessaires pour le bon déroulement du projet ?

Le document se découpe en 7 parties :

    1. présentation générale du projet,
    2. les acteurs,
    3. l’approche pédagogique,
    4. le déroulement du projet,
    5. le suivi par les enseignants,
    6. l’évaluation,
    7. l’instrumentation.

      Les points 2, 3 et 4 correspondent au scénario d’apprentissage tandis que les points 5 et 6 correspondent au scénario d’encadrement.

      Cette grille servira de base pour les prochains projets réalisés lors de l’année 2009-2010. N’hésitez pas à la parcourir, l’utiliser et la critiquer : elle est là pour ça …

      Accéder à la grille du scénario pédagogique.

      instrumentation d’un projet (suite)

      Une fois la carte d’instrumentation d’un projet mise au point, il semblait intéressant de recenser un ensemble d’outils qui permettent de répondre à ces besoins. Pour définir ces outils, je me suis placé dans un contexte de l’éducation nationale avec les contraintes suivantes :

      • Les outils ne doivent pas s’installer sur un serveur dédié (à priori, non disponible dans l’éducation nationale)
      • Les seuls serveurs envisagés pour héberger des outils (exception à la règle précédente) sont des serveurs web standard (basés sur Apache, MySQL et PHP), présents dans les académies. Des solutions alternatives grand public existent en cas de difficultés au niveau académique.
      • Si le service est en version limitée, la limitation doit porter sur les fonctionnalités ou la capacité (nombre de documents, espace mémoire, …) et non pas sur la durée.
      • Le prix de la solution choisie doit être limité (l’essentiel des outils présentés ont une version gratuite)

      La liste n’est sûrement pas exhaustive mais elle permet déjà de déblayer le terrain. Bonne lecture …

      Instrumentation d’un projet

      Voici une carte qui positionne un ensemble de fonctionnalités qui peuvent être nécessaires pour un projet de type Prodageo. L’utilisation de cette carte doit se faire en 2 temps : il faut d’abord définir le besoin puis choisir la (ou les) fonctionnalité(s) la (les) plus adaptée(s) pour y répondre.

      Les trois domaines répertoriés où il faut envisager une instrumentation sont :

      • la communication (dans un sens très large),
      • la gestion de projet (planification, suivi, …),
      • le domaine d’activité avec ses outils métiers spécifiques.
      carte de définition des besoins et des outils pour Prodagéo

      carte de définition des besoins et des outils pour Prodagéo

      Afin de séparer les multiples outils de communication existant, ce domaine a été divisé en 3 : communication synchrone, communication asynchrone et communication latente, cette dernière étant une mise à disposition de données.

      Afin de ne pas surcharger cette carte, un petit logo (rss ou enveloppe) indique le mode de suivi des outils qui le nécessitent : soit par fil RSS, soit par mail.

      L’objectif à terme est de proposer une liste de solutions logicielles pour chaque fonctionnalité recensée, en se limitant aux solutions faciles à mettre en oeuvre (hébergées ou très grand public).

      N’hésitez pas à approter votre point de vue sur cette classification …

      Synthèse de la veille collaborative (suite)

      Nous venons de nous rencontrer entre enseignants des 2 formations concernés (BTS IRIS et IUT GIDO) et avons essayé de faire un bilan de ce projet. Tout d’abord le résultat global est plutôt positif :

      • C’est un exercice original et motivant,
      • Il permet de mettre en pratique des méthodes et outils vus au cours de la formation,
      • Lorsque la collaboration se passe bien, les résultats sont riches.

      Les critiques portent essentiellement sur l’organisation qui n’était pas assez précise (répartition des tâches, résultat attendu, outils mal adaptés, difficulté à respecter les délais). Ces différents points étaient ressortis de l’enquête auprès des étudiants dont les résultats sont présentés ici.
      Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
      Nous étions tous d’accord pour dire qu’il était intéressant de reconduire un projet analogue l’année prochaine en corrigeant quelques imperfections :

      • Bien définir l’objectif du projet et le résultat attendu de la collaboration. Ce résultat doit être limité à un artefact qui n’est pas forcément un rapport papier. C’est à partir de ce choix que vont découler les autres ajustements.
      • Une fois l’objectif final défini, on peut identifier comment les étudiants de chaque formation peuvent concourir pour l’atteindre. Cela nous permettra de définir les rôles et responsabilités des différents étudiants.
      • A partir de ces clarifications, nous pourrons repérer les modes de communication les plus adaptés entre les étudiants et en déduire les outils mettre en œuvre. Il est apparu un manque de communication synchrone entre les étudiants lors de ce projet, il faudra sûrement en tenir compte pour la prochaine occurrence et prévoir sans doute une rencontre en présentiel supplémentaire au cours du projet.
      • Nous n’aurons plus alors qu’à définir un planning complet et précis du déroulement du projet (qui sera transmis aux étudiants) et définir les critères d’évaluation pour chaque formation. Il apparaît que la note reste toujours une carotte efficace pour motiver les étudiants et les inciter à s’impliquer dans une activité.

      Sachant que le projet se déroulera l’année prochaine à la même période (fevrier-mars), il nous reste une dizaine de mois pour mettre au point une nouvelle version du scénario. L’objectif actuellement est de mettre au point une grille pour définir le scénario à partir de la grille actuelle et des conclusions tirées de l’expérience.

      Synthèse de la veille collaborative

      Eh oui! …La veille collaborative est fini … Pendant 2 mois les étudiants du BTS IRIS et de l’IUT Info-Com de DIJON ont dû travailler ensemble pour construire des dossiers sur des thèmes de l’informatique professionnelle. A la suite de ce travail collaboratif, un questionnaire a été envoyé à chacun pour évaluer cette activité. Voici les premiers résultats. D’emblée, on constate que les étudiants ont bien adhéré au principe d’un travail collaboratif et qu’ils ont été satisfaits de la durée et de la définition du cahier des charges. La satisfaction est beaucoup plus mitigée par rapport à l’instrumentation proposée (wiki et blog) et la fréquence des rencontres entre les étudiants des 2 formations. La grande majorité n’est pas satisfaite de la collaboration qui s’est établie …

      A la lumière de ces résultats et à la suite d’un débriefing avec les étudiants IRIS, il est ressorti ce qui suit :

      • Il faudrait prévoir une rencontre toutes les 2 ou 3 semaines entre les deux formations à conditions que chacun avance dans son travail respectif. Cette réunion peut se faire en face à face ou à travers des outils standards : clavardage, audioconférence, visioconférence, …
      • Il faut plus définir les rôles et responsabilités de chacun : les ‘veilleurs’ cherchent des documents, les lisent et piochent les passages intéressants tandis que les ’spécialistes métier’ construisent tout au long du projet une synthèse (sous forme de carte par exemple). Cette synthèse sert de base pour chaque rencontre inter-formation.
      • L’utilisation conjointe du blog et du wiki n’a pas été jugée judicieuse : il était difficile de savoir quel outil utiliser quand. Il paraît judicieux d’utiliser un outil de partage de signet (Diigo semble tout à fait approprié avec la possibilité de surligner des passages) plutôt qu’un blog pour partager les ressources repérées.
      • Certains étudiants ont fait ressortir le manque de planification du projet : pour une prochaine fois, on peut envisager un scénario agile qui se déroulerait comme suit :
        • une rencontre de présentation
        • une phase de recherche de vocabulaire métier de base avec définition (on peut envisager une construction collaborative d’un lexique)
        • puis une alternance de rencontres / périodes de veille pour approfondir un des aspects du sujet d’étude.

      Voilà pour une première synthèse à partir des réponses des étudiants à l’enquête d’évaluation du projet. Une rencontre avec les enseignants de l’IUT a eu lieue, et la synthèse est ici

      Journée Spiral

      J’étais Mercredi à Lyon pour une présentation de Spiral. J’ai eu l’occasion d’y rencontrer entre autre C. Batier et P. Benech et d’avoir une discussion très sympa et très riche avec eux. Ils m’ont re-motivé (si c’était nécessaire) pour avancer vers une pédagogie laissant plus sa place à l’étudiant (laissant même toute sa place à l’étudiant !). Ils ont pu me montrer la faisabilité de la construction des savoirs par les étudiants, il n’y a plus qu’à s’y mettre pour la prochaine rentrée. L’idée actuelle est de positionner l’enseignant comme référent, éveilleur, pour susciter la curiosité des apprenants et les guider dans leur processus d’apprentissage.
      J’étais très impressionné par la méthode pédagogique de Pierre où les étudiants choisissent le thème qu’ils étudient en groupe pour une période de quelques semaines (en lien avec un système support) et construisent le contenu collectivement sur un wiki : je trouve l’idée super, il ne reste qu’à voir comment adapter le scénario au cadre du BTS IRIS.

      Que du bonheur !

      instrumentation de Prodagéo

      Je me pose pas mal de questions sur l’instrumentation des projets Prodagéo à partir du constat des expériences passées.

      1 – le constat

      Lors du premier projet, les étudiants étaient d’une part à Dijon et d’autre part à Safi au Maroc. Les échanges se sont fait sous forme de clavardage (pour la transmission du cahier des charges) puis par mail pour le suivi du projet. Une plateforme Moodle a été utilisée pour synchroniser les actions des différents intervenants.

      Lors du second projet, le travail s’est articulé autour de blogs et de wikis.

      2 – la critique

      Pour le premier projet, les outils utilisés n’étaient pas liés entre eux, ce qui demande un effort de la part des étudiants alors que l’on pourrait être en droit d’attendre de l’informatique moderne de faciliter le travail et la collaboration. De plus Moodle a été détourné de sa fonctionnalité initiale pour l’adapter à notre besoin (c’est plus simple d’utiliser ce qui existe déjà, quitte à l’adapter, que de mettre en place un nouvel outil).

      L’outil blog, qui a été initialement choisi pour la veille collaborative, ne semble en fait pas adapté. Il est très pratique pour les enseignants pour suivre l’avancée des travaux mais n’est pas ergonomique pour les étudiants utilisateurs (et c’est quand même eux les premiers intéressés…). Il aurait sans doute été plus judicieux d’utiliser :

      - un outil de type forum pour instrumenter la discussion entre les étudiants,
      - un outil de marquage de signets ou un fil RSS pour partager le fruit des recherches.

      3 – les conclusions

      Existe-t-il un outil qui intègre ces différentes fonctionnalités ? OUI !!! Le réseau social ! Et la lecture de cet article de Bertrand Duperrin m’incite à penser que c’est peut-être effectivement la bonne solution… Pour l’instant, j’ai repéré plusieurs acteurs dans le domaine qui semblent répondre à mes attentes et qui sont gratuits : Ning, Grou.ps, BuddyPress et Xwiki. Les deux premiers sont hébergés alors que les derniers sont à héberger (ce qui est un inconvénient à mes yeux : installation, configuration, maintenance, … demandent beaucoup de temps). Les connaisseurs pourront me dire que les LMS (Moodle, Dokéos, Claroline, … et les autres) offrent toutes ces fonctionnalités et qu’en plus, ils respectent le standard SCORM (utile pour indexer, produire, transférer, reprendre un parcours pédagogique). C’est vrai, mais c’est délicat d’ajouter à la plate-forme pédagogique d’un établissement des étudiants extérieurs. De plus, je trouve intéressant que nos étudiants soient confrontés à des environnements autres que pédagogiques (dans l’absolu, j’aimerai bien travailler avec un outil professionnel, par exemple bluekiwi ou Xwiki, que j’ai déjà mentionné ci-dessus, et il y en a sûrement d’autres …).

      Tout cela est encore à approfondir, ce n’est qu’un début de réflexion … Je viens de constater que je ne suis pas le seul à avoir ces velléités puisque Gabriel Flacks présente ici son utilisation pédagogique de Ning…

      Prodagéo : un patron de scénario

      Les expériences de projets pédagogiques géodistribuées présentées dans ce blog offrent des avantages certains pour les étudiants :
      - situation proche de la vie professionnelle,
      - communication à caractère professionnel en utilisant des outils variés,
      - mise en pratique de compétences métier.

      Cela leur permet aussi, dans une analyse réflexive, d’évaluer l’influence du choix d’un outil de communication sur le déroulement du projet. Tous ces aspects me poussent à faciliter la mise en oeuvre de tels projets. Je vous livre donc dans un premier temps le patron du scénario Prodagéo réalisé à partir des 2 expériences présentées dans ce blog. L’objectif de ce patron est de rendre le scénario transférable et exploitable dans des situations variées. Il présente les grandes étapes d’un projet Prodagéo en mettant l’accent sur la chronologie du projet et le positionnement des enseignants à chaque étape.

      patron de scénario pour Prodagéo

      patron de scénario pour Prodagéo

      D’autres documents suivront pour aider à la définition de tels projets…

      Les cordées de la réussite

      Le 18 novembre 2008 V.Pécresse et F.Amara ont dévoilées les 100 premières “cordées de la réussite”. Il me semble important de voir en quoi consistent ces cordées et comment Prodagéo peut s’insérer dans un tel dispositif.

      Si l’on parcourt le dossier qui présente ces cordées, on peut lire :

      L’expression « cordées de la réussite » désigne des partenariats, mis en place entre un ou plusieurs établissements d’enseignement supérieur (grandes écoles, universités), d’une part, des lycées à classes préparatoires et des lycées ou collèges d’autre part, qui ont pour objectif de promouvoir l’égalité des chances et la réussite des jeunes face à l’entrée dans l’enseignement supérieur, et notamment dans des filières d’excellence.”

      “Le partenariat entre ces établissements se traduit concrètement par la mise en œuvre d’actions multiples et structurantes [...] qui constituent des réseaux de solidarité entre les divers niveaux d’enseignement.”

      “Ces cordées,[créent] un pont entre l’enseignement scolaire et l’enseignement supérieur…”

      De plus, Prodagéo est défini comme un projet pédagogique géodistribué regroupant des participants se distinguant par leur culture, leur situation géographique, leur niveau d’étude, la formation suivie ou le cadre de cette formation. On constate donc que Prodagéo est un outil qui peut complètement s’intégrer dans le processus des “cordées de la réussite”.

      Les premières expériences permettent de valider la faisabilité des projets Prodagéo dans des cadres suffisamment variés (développement logiciel avec l’ENSA Safi et veille technologique collaborative avec l’IUT Info-Com de Dijon, cf. projets collaboratifs) pour envisager d’en extraire un scénario type (ou patron de scénario) en vue de l’essaimer. Ce patron pourra ainsi être décliné et adapté au contexte de chaque cordée afin de construire un pont entre les différents établissements associés.

      Il est à noter que même si Prodagéo s’intègre bien dans les “cordées de la réussite”, il ne se limite pas à ce cadre et peut s’adapter à toute collaboration entre étudiants/élèves de différents établissements.