TICE et pédagogie

Après avoir visionné ces deux conférences de Joël de Rosnay et Marcel Lebrun, quelques idées fortes ressortent et il me semble important de les garder en mémoire lorsque l’on souhaite intégrer la technologie à sa pédagogie.

Tout d’abord, c’est le projet pédagogique, l’intention pédagogique, qui doit guider le choix des outils utilisés. Il ne faut pas décréter un jour qu’on va se mettre aux nouvelles technologies pour que tout s’articule à merveille et que cela apporte une plus-value visible. Ces outils apportent de nouvelles possibilités :

  • dilatation du temps scolaire,
  • communication,
  • publication et/ou historisation de travaux ou d’activité,
  • variété des ressources, …

C’est pour ces possibilités, et en fonction de ce que l’on veut vivre avec les élèves ou étudiants qu’il faut choisir l’outil technologique le plus adapté. (je choisis volontairement “vivre avec les élèves ou étudiants” plutôt que “faire” pour insister sur l’implication personnelle nécessaire de la part de l’enseignant). Le document instrumentation pour prodagéo peut être une piste pour aborder des possibilités offertes par les TICE et guider dans le choix de l’outil le plus adapté au besoin et au contexte de chacun. Il ne faut pas s’illusionner, la méthode pédagogique est plus importante que l’outil et si l’on utilise un nouvel outil, il va falloir mettre en place une nouvelle méthode pour en tirer le meilleur parti… Ce n’est pas parce qu’un polycopié est en ligne que les étudiants vont être plus performants que lorsqu’ils en avaient une photocopie.

Un autre point qui me semble important est l’évaluation des étudiants qui utilisent les TICE. Lorsque l’utilisation vise le développement de méta-compétences (communication, recherche d’information, …), comment évalue-t-on leurs progrès ? Quels sont les signes de leur apprentissage ? Quel niveau de compétence vise-t-on ? Je n’ai actuellement pas de réponses à ces questions, cependant, des dispositifs comme le B2I ou C2I (dont le livret d’accompagnement du référentiel apporte quelques précisions) peuvent être des repères pour guider les enseignants.

Un troisième point me semble très intéressant et qui est énoncé par Marcel Lebrun : on apprend en soi, en s’appropriant des connaissances. L’élève ne peut apprendre que s’il a la volonté et fait l’effort de s’impliquer dans sa formation. Le travail de l’enseignant est donc de créer des situations motivantes pour que l’élève s’investisse : c’est le meilleur (le seul ?) levier que nous ayons à notre disposition.

Marcel Lebrun propose un schéma qui doit s’appliquer à tout projet pédagogique (qu’il y ait utilisation ou pas de technologies informatiques), que je reproduis ci-dessous :

schéma présentant la structure d'un projet pédagogique selon Marcel Lebrun

  • L’information est la base, la connaissance à s’approprier
  • L’activité précise ce que fait l’élève
  • La motivation est le moteur qui fait vivre l’activité. L’enseignant peut avoir à fournir du carburant pour ce moteur …
  • La production est le résultat de l’activité, il pourra être réinvestit et servir de base à d’autres activités par rétroaction.
  • L’interaction offre la possibilité d’intégrer une source de questionnement externe qui permet d’approfondir l’activité pour enrichir la production.

En mettant ce schéma en regard avec celui-ci où j’essayais de représenter ma conception de l’apprenant au centre de sa formation, on retrouve des aspects communs avec les idées développées ci-dessus.

l'apprenant au centre de sa formation

  • L’activité de l’apprenant correspond à : ‘je réalise’, ‘je recherche’, ‘j’analyse’,
  • L’appropriation se fait au niveau de ‘je structure’,
  • La rétroaction correspond à une possibilité de ‘j’exploite’.

Reste à positionner la motivation, l’interaction et la production …

Je pense que la motivation est le ‘terreau’ sur lequel peut se développer ce schéma, c’est le fond de l’image… Il faudrait voir en transparence pour pouvoir lire ‘je suis motivé’ qui est le précepte de base comme vu plus haut.

l’interaction pourrait se voir en mettant plusieurs diagrammes d’apprenant côte à côte et voir qu’en fait ils se chevauchent. Comme me le présente ici Florence Meichel, plusieurs ‘Je’ peuvent faire un ‘Nous’ (s’il y a interaction). On passe alors à l’apprentissage collaboratif où l’on apprend des autres. Dans ce cas, l’enseignant n’est pas forcément plus une source de savoir que n’importe quel élève …

définition des compétences

Guy Le Boterf déclare dans son livre Construire les compétences individuelles et collectives :

“Les compétences peuvent être considérées comme une résultante de trois facteurs : le savoir agir qui suppose de savoir combiner et mobiliser des ressources pertinentes (connaissances, savoir-faire, réseaux, …) ; le vouloir agir qui se réfère à la motivation personnelle de l’individu et au contexte plus ou moins incitatif dans lequel il intervient ; le pouvoir agir qui renvoie à l’existence d’un contexte, d’une organisation du travail, de choix de management, de conditions sociales qui rendent possibles et légitimes la prise de responsabilité et la prise de risque de l’individu.”
Il précise par la suite que la compétence varie selon le contexte entre le savoir-faire (qui se retrouve dans une organisation taylorienne ou dans des cas de prescription stricte pour des raisons de sécurité ou de sûreté) et le savoir agir, réagir et interagir (qui peut se traduire par savoir que faire ? quand le faire ?)

En partant de ce constat, un formateur doit avoir pour objectif de développer le savoir agir des apprenants.

L’utilisation de différentes démarches pédagogiques permet de prendre en compte la variété des situations professionnelles.

La scénarisation pédagogique permet au formateur de définir un cadre avec des limites, un contexte et une organisation du travail qui correspond à la prescription du pouvoir agir. Pour intervenir sur le vouloir agir, le formateur peut choisir un thème d’étude motivant pour les étudiants (par exemple : étude d’un blog pour appréhender les bases de données) mais le cadre même d’un projet pédagogique peut être motivant : c’était ressorti à la fin du premier projet Prodagéo et ça se confirme au cours du deuxième projet ! Encore une bonne raison pour continuer dans cette voie de la pédagogie par projet géodistribué …

instrumentation de Prodagéo

Je me pose pas mal de questions sur l’instrumentation des projets Prodagéo à partir du constat des expériences passées.

1 – le constat

Lors du premier projet, les étudiants étaient d’une part à Dijon et d’autre part à Safi au Maroc. Les échanges se sont fait sous forme de clavardage (pour la transmission du cahier des charges) puis par mail pour le suivi du projet. Une plateforme Moodle a été utilisée pour synchroniser les actions des différents intervenants.

Lors du second projet, le travail s’est articulé autour de blogs et de wikis.

2 – la critique

Pour le premier projet, les outils utilisés n’étaient pas liés entre eux, ce qui demande un effort de la part des étudiants alors que l’on pourrait être en droit d’attendre de l’informatique moderne de faciliter le travail et la collaboration. De plus Moodle a été détourné de sa fonctionnalité initiale pour l’adapter à notre besoin (c’est plus simple d’utiliser ce qui existe déjà, quitte à l’adapter, que de mettre en place un nouvel outil).

L’outil blog, qui a été initialement choisi pour la veille collaborative, ne semble en fait pas adapté. Il est très pratique pour les enseignants pour suivre l’avancée des travaux mais n’est pas ergonomique pour les étudiants utilisateurs (et c’est quand même eux les premiers intéressés…). Il aurait sans doute été plus judicieux d’utiliser :

- un outil de type forum pour instrumenter la discussion entre les étudiants,
- un outil de marquage de signets ou un fil RSS pour partager le fruit des recherches.

3 – les conclusions

Existe-t-il un outil qui intègre ces différentes fonctionnalités ? OUI !!! Le réseau social ! Et la lecture de cet article de Bertrand Duperrin m’incite à penser que c’est peut-être effectivement la bonne solution… Pour l’instant, j’ai repéré plusieurs acteurs dans le domaine qui semblent répondre à mes attentes et qui sont gratuits : Ning, Grou.ps, BuddyPress et Xwiki. Les deux premiers sont hébergés alors que les derniers sont à héberger (ce qui est un inconvénient à mes yeux : installation, configuration, maintenance, … demandent beaucoup de temps). Les connaisseurs pourront me dire que les LMS (Moodle, Dokéos, Claroline, … et les autres) offrent toutes ces fonctionnalités et qu’en plus, ils respectent le standard SCORM (utile pour indexer, produire, transférer, reprendre un parcours pédagogique). C’est vrai, mais c’est délicat d’ajouter à la plate-forme pédagogique d’un établissement des étudiants extérieurs. De plus, je trouve intéressant que nos étudiants soient confrontés à des environnements autres que pédagogiques (dans l’absolu, j’aimerai bien travailler avec un outil professionnel, par exemple bluekiwi ou Xwiki, que j’ai déjà mentionné ci-dessus, et il y en a sûrement d’autres …).

Tout cela est encore à approfondir, ce n’est qu’un début de réflexion … Je viens de constater que je ne suis pas le seul à avoir ces velléités puisque Gabriel Flacks présente ici son utilisation pédagogique de Ning…

Prodagéo et les compétences clés

Au détour de lectures sur le web, je suis tombé sur la Définition et la sélection des compétences clés (DeSeCo). C’est un programme de l’OCDE qui sert de base au Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves (PISA). Ce rapport met en évidence 3 catégories de compétences clés :

-1- Se servir d’outils de manière interactive (langue, technologie, …)
-2- Interagir dans des groupes hétérogènes
-3- Agir de façon autonôme

Chacune de ces catégories se découpe en 3 compétences. On arrive ainsi aux 9 compétences clés que définit le rapport :

1-A Utiliser le langage, les symboles et les textes de manière interactive,
1-B Utiliser le savoir et l’information de manière interactive,
1-C Utiliser les technologies de manière interactive.
2-A Établir de bonnes relations avec autrui,
2-B Coopérer,
2-C Gérer et résoudre des conflits.
3-A Agir dans le contexte global,
3-B Élaborer et réaliser des des projets de vie et des programmes personnels,
3-C Défendre et affirmer ses droits, ses intérêts, ses limites et ses besoins.

Le rapport rappelle aussi que “le concept d’apprentissage tout au long de la vie part du principe que les compétences nécessaires dans la vie ne peuvent pas toutes être acquises pendant la formation initiale”. Ainsi, si les premières compétences clés (1-A à 2-B) peuvent être intégrées dans une formation initiale, les autres nécessitent une expérience et une maturité qui s’acquièrent petit à petit.

Tout cela me conforte dans la carte des bonnes pratiques qui correspond à une base pour la formation tout au long de la vie.

C’est avec toutes ces idées en tête que je me suis inscrit au FormaCamp à Lyon. Ce sera l’occasion d’approfondir cette réflexion et de la confronter à d’autres points de vue …

Des wikis en TP : conclusions

Je vous avais présenté ici comment je comptais utiliser un wiki comme support de compte-rendu de TP. Voici que l’expérience touche à sa fin et des conclusions intéressantes apparaissent déjà :

- Le wiki est un outil facile à prendre en main et souple d’utilisation.
- Le wiki est un bon outil pour partager des informations.
- La plus grosse difficulté est venue de la ‘propriété’ des informations : “pour éviter de voir mon travail modifié par les autres, je reste toujours en mode édition sur ma page et je bloque ainsi toutes les autres sauvegardes” (fonctionnement constaté sur wikispaces, peut-être que d’autres outils ne se comportent pas comme cela).

Un recadrage a été nécessaire pour expliquer l’utilisation de l’outil :

- On ne passe en mode édition que pour ajouter, clarifier une information et dès que l’on a fini, on libère le verrouillage d’édition.
- Avant de supprimer du contenu, on commence par négocier sur la page de discussion afin de trouver un compromis qui convienne à tout le monde.

Jusque là, rien de très neuf … Mais du point de vue pédagogique, qu’en est-il de cet outil ? En quoi a-t-il modifié l’enseignement ?

1 – L’attitude des étudiants

Un gros changement s’est ressenti dans l’ambiance du groupe : l’objectif pour l’étudiant n’est plus de faire croire à l’enseignant qu’il a réussi à tout faire tout seul mais plutôt de participer à la construction d’une base de connaissances collective et d’exploiter les apports de chacun. Tous les étudiants ont pu atteindre le but fixé, en constatant que le travail des autres (et leur apport à la base de connaissance) leur a fait gagner du temps.

2 – L’implication des étudiants

Cette expérimentation m’a permis de constater que 2 étudiants ont commencé à travailler sur le TP avant même le début de la première séance. Ils ont reproduit chez eux un environnement comparable pour pouvoir s’y mettre au plus vite. C’est la première fois que je peux ainsi ‘mesurer’ l’enthousiasme des étudiants et leur travail personnel volontaire.

3 – Un pas vers la pédagogie différenciée

Le wiki permet de faire travailler des étudiants sur plusieurs aspects d’un sujet en donnant à chaque étudiant (ou chaque groupe d’étudiants) une responsabilité à la hauteur de ses capacités du moment. Ainsi on pourra demander plus à certains qu’à d’autres sans pour autant minimiser l’importance du travail de chacun : on est dans une répartition du travail juste (ou équitable) mais pas forcément égale et c’est bien accepté par tout le monde.

4 – Quelle activité se prête bien à l’utilisation des wikis ?

Il me semble que le cadre de l’expérimentation était tout à fait adapté : la découverte d’un environnement. Le wiki est à mon avis effectivement facile à mettre en place dès qu’il s’agit de découvrir ou de prendre en main un nouvel outil. C’est dans ce cadre que les étudiants voient le mieux ce qu’ils peuvent apporter au groupe. Cela sous-entend au préalable :

- un découpage de l’activité de découverte en plusieurs parties,
- une répartition des responsabilités des pages du wiki correspondant à chaque partie.

5 – Et l’évaluation ?

Bonne question ! Plusieurs paramètres sont plus ou moins facilement mesurables et peuvent être pris en compte :

- l’implication des étudiants pendant les séances de TP et hors des séances de TP : l’historique donne accès aux dates et heures de toutes les modifications.
- la capacité de l’étudiant à exploiter ou adapter les connaissances contenues dans le wiki
- la qualité des informations posées dans le wiki : aussi bien sur le fond que sur la forme
- la maîtrise de l’outil wiki (utilisation ou non des discussions pour exprimer son point de vue)
- toutes les compétences langagières : grammaire, orthographe, style, …
- la netiquette : citation des sources d’où proviennent les informations présentées dans le wiki.
- maîtrise des langues : si les sources citées sont étrangères
- …

Après, libre à chacun d’évaluer comme il l’entend et de prendre tel ou tel critère dans son évaluation et pas un autre …

Si vous souhaitez avoir une plus grande latitude pour configure votre wiki en restant avec une solution hébergée, wik.is est la solution qu’il vous faut : c’est la version en ligne, gratuite, de mindtouch deki qui est un outil de grande qualité (c’est entre autre l’outil choisi par Mozilla developper, en 15 langues …). En plus, une aide en français est disponible sur aide.wik.is… Si je l’avais connue avant, je l’aurais utilisée …

Evaluation des cartes

Les premières cartes conceptuelles commencent à apparaître sur les différents blogs (RFID, sécurité, systèmes d’exploitation) et il faut songer à évaluer tout cela… Une grille a été définie, elle est accessible ici. Toutes les remarques sont bonnes et bienvenues …
Normalement, tous les blogs devraient avoir une première version de carte d’ici le 6 mai pour aboutir sur une version définitive le 13 mai. On touche au but !!!

A quoi sert une lecture croisée ?

J’étais déçu de voir que mes chers étudiants ne se souciaient que très peu du travail réalisé sur les autres blogs. Qu’à cela ne tienne, je voulais les contraindre à aller voir comment ça se passait ailleurs. C’est dans cet esprit que j’avais préparé et déposé une grille de lecture croisée des blogs. Après lecture des retours, on peut tirer 3 conclusions positives :
1 – Ils ont appris des choses sur le sujet abordé :

- l’ampleur des possibilités d’utilisation pour la RFID et la géolocalisation,
- les acteurs de la virtualisation,
- les solutions techniques mises en oeuvre pour les applications VDI …
2 – Ils ont pu constater que les approches étaient très différentes en fonctions des sujets traités (les pocket-PC ont plus un aspect ‘catalogue commercial’ alors que les clients riches tiennent plus du ‘comment ça marche?’).
3 – Ils sont nombreux à avoir compris l’intérêt de la classification des articles par catégorie.

Cela laisse présager qu’ils sentent l’intérêt d’un travail d’organisation et de structuration des connaissances qu’ils ont accumulées au cours des mois passés. On est donc prêt pour passer à la phase suivante du projet qui consiste à répertorier les différents termes spécifiques du sujet (avec définition ou explication si nécessaire) pour pouvoir ensuite les agencer dans des cartes heuristiques. Bonne nouvelle !

Evaluation de l’activité blog : les résultats

Voici les grandes lignes qui ressortent des résultats de l’enquête sur l’activité blog :

Les sujets des blogs sont considérés d’actualité par 95% des étudiants et intéressants par 85 %. L’exercice s’insère bien dans la formation pour 80% mais seulement 65% des étudiants se déclarent motivés. La moitié des étudiants non motivés justifient cela par l’absence d’intérêt pour le sujet du blog. Qu’en est-il des étudiants qui trouvent le sujet intéressant et d’actualité mais ne sont pas motivés par l’exercice ? L’un d’entre eux trouve l’exercice trop long. Il est vrai que le sujet reste le même depuis 6 mois mais les activités autour évoluent afin d’arriver à présenter les informations collectées de façon synthétique et pertinente.

90% des étudiants affirment avoir approfondi le sujet qu’ils devaient traiter. C’est plutôt une bonne nouvelle (mais qu’ont fait les 10% restant pendant tout ce temps !!!!

Un autre point intéressant ressort de cette enquête : l’exercice blog a été l’occasion de découvrir et d’utiliser de nouveaux outils.

Outil
découvrir
utiliser
Nouveaux moteurs de recherche
90 %
60 %
Fils RSS
85 %
85 %
Newsletter
35 %
70 %
alertes
20 %
5 %

A l’exception des alertes, tous ces outils ont été bien intégrés dans leur travail. Pour revenir sur les alertes, il est à noter que c’est un outil qui n’a pas été présenté en cours, c’est sûrement une erreur qu’il ne faudra pas reproduire lors d’une prochaine mise en situation et qu’il faudra corriger pour cette fois-ci.

Le blog prof est approuvé par 65% des étudiants. Il est source d’information (récupération des documents et explications des étapes) et un exemple. Certains étudiants trouvent motivant de pouvoir se ‘confronter’ au prof sur un exercice (presque) comparable. Il est globalement vu comme la ‘plaque tournante’ des activités qui se vivent en cours.

Enfin, quelques remarques diverses sont ressorties. Elles concernent essentiellement la note de publication, les commentaires relatifs aux différents billets et les sujets des blogs.

L’avis sur la note de publication est très varié. Je pense qu’il vaut mieux que ce soit un indice de publication qui permet de mesurer une facette du travail demandé. Cela permet à chacun de se situer en limitant la pression que peut instaurer une note …

Plusieurs remarques insistent sur l’attente de commentaire (provenant du prof ou des autres étudiants). Il semble en effet important de mettre l’accent sur l’interactivité possible entre le lecteur et l’auteur en utilisant les commentaires. C’est une possibilité de l’outil, ce serait dommage de passer à côté.

Enfin, certains étudiants remettent en cause le sujet de leur blog. Il me semble difficile de changer le sujet du tout au tout, il est cependant tout à fait envisageable d’en faire évoluer les limites. C’est ainsi que le blog VDI va plus se centrer maintenant sur la visioconférence et la VDI dans la domotique, aspects de la VDI qui motivent plus les étudiants.

Les résultats me semblent très encourageants et me poussent à considérer cette expérience comme positive et enrichissante. Il reste à voir comment va se dérouler la suite et comment cela peut se reproduire ailleurs dans un autre cadre.

Evaluation de l’activité blog

Afin de savoir comment l’activité blog était perçue par les étudiants, une petite évaluation a été lancée. Voici la grille proposée. Les résultats seront présentés au plus vite…

Prodageo : première synthèse

Voilà que notre expérimentation de mini-projet Prodagéo touche déjà à sa fin et pour l’instant, je n’ai pas beaucoup écrit à ce sujet. Je vais donc essayer de me rattraper aujourd’hui en faisant un compte rendu des observations et premières conclusions que nous pouvons faire à la fin de ces quinze jours.

1 – le transfert du cahier des charges de Safi vers Dijon
Le transfert d’information en lui-même s’est plutôt bien passé, l’erreur était plus au niveau des étudiants marocains qui n’ont pas bien assimilé le découpage du projet. En effet, il était précisé dans les cahiers des charges que les techniciens faisaient leur mesure et transmettaient le résultat sur la ligne série, tandis que les ingénieurs remplissaient leur base de données à partir d’un fichier texte (cela n’est pas très judicieux mais il faut se débrouiller pour trouver une solution d’interface entre des techniciens qui ne connaissent pas encore les fichiers et des ingénieurs qui n’ont pas entendu parler de la ligne série : nous fournissions un petit exécutable qui lit la ligne série et remplit le ficher texte). Nulle part il n’y a de précision sur ce qui se passe entre les deux et c’est une imprécision du cahier des charges que j’assume. Cependant, il est du rôle du chef de projet de comprendre le fonctionnement global du système et de questionner le client pour éclaircir tous les points obscurs. Je doute fort qu’un chef de projet rencontre une fois dans sa carrière un cahier des charges exhaustif et complet … Les étudiants marocains ont fait un raccourci tranquillisant en disant, tout ce qu’on a pas à faire, c’est aux techniciens de le faire. Il en est ressorti que le résultat du transfert de cahier des charges est un échec.
Quelles conclusions en tirer ? D’abord chercher à avoir des documents pour les étudiants plus précis et complet (c’est toujours possible), ensuite, inciter les chefs de projet à analyser l’ensemble du projet avec toutes les contraintes et précisant toutes les interfaces (composée de quelques schémas UML par exemple).
Force est de constater que l’éloignement et l’impossibilité de se rencontrer en face à face ne simplifie pas les échanges mais cela fait partie de l’exercice. C’est une situation qui peut se rencontrer régulièrement dans la vie professionnelle. Il est, me semble-t-il, important de sensibiliser et former les étudiants à la reformulation pour qu’ils puissent s’assurer d’avoir bien compris les consignes ou informations.
Pour palier le problème de transmission de cahier des charges et ne pas embrigader les étudiants dans une mauvaise piste, nous, enseignants, sommes intervenu pour recadrer le projet en fournissant le ‘vrai’ cahier des charges. nous aurions dû aussi informer les étudiants marocains de ce recadrage afin qu’ils puissent repartir sur les bonnes bases.

2 – la gestion du temps
On retrouve en condensé tous les travers des projets que vivent les étudiants en 2ème année :
- Difficulté à appréhender le problème et à rentrer dans le projet
- A la fin de la période d’analyse du problème et de découverte des outils et logiciels, les étudiants sont déjà en retard par rapport au planning.
- Le travail de réalisation (développement, mise en oeuvre du matériel) est intense et correspond à peu près à ce qui est planifié. Mais cela ne suffit pas à rattraper le temps perdu au début.
C’est une très bonne sensibilisation à la gestion du temps dans un projet et cela servira de base sur laquelle on pourra s’appuyer pour dynamiser les étudiants lors des prochains projets en insistant sur les risques à ne pas respecter les délais intermédiaires.

3 – le travail en équipe
Sur un petit projet de quinze jours, il est difficile de découper le travail à réaliser pour responsabiliser chaque étudiant sur une tâche spécifique. Les groupes ont dans l’ensemble fonctionné de manière fusionnelle : “on fait tout tous ensemble”. Cela ne correspond pas au fonctionnement normal d’un projet et c’est une limite de notre exercice. Il est apparu un étudiant qui ne s’est pas intégré dans son groupe et qui s’est donc mis en marge par rapport à l’équipe. C’était un des deux groupes de 4 étudiants : c’est trop ! Il apparaît que pour cet exercice, un groupe ne doit pas contenir plus de 3 étudiants.

4 – l’utilisation des outils proposés
pour cette première expérience, on s’était centré sur 3 outils :
- Moodle pour régler les délais et synchroniser les tâches
- Subversion pour gérer des versions d’un document
- TestLink pour rédiger des plans et campagnes de tests
L’utilisation de Moodle n’a pas posé de problèmes à Dijon puisque les étudiants sont habitués à rendre leur travaux sur un serveur FTP, Les marocains ont eu plus de réticences à l’utiliser.
TestLink est un logiciel sûrement puissant mais qui n’est pas aisé de prise en main et nécessite un apprentissage. Aucun enseignant disponible à ce moment ne maîtrisait l’outil, il a été abandonné lors du travail préparatoire d’analyse des marocains. Leur plan de tests s’est réduit à un tableau.
Enfin, je ne sais pas comment Subversion a été utilisé à Safi mais à Dijon, il n’a pas servi ou presque. Les étudiants ne sont pas sensibles au problème de versions et de restauration …
En conclusion, il faut que les étudiants soient formés aux outils de gestion de projet utilisés avant un mini-projet Prodagéo.

5 – les tests
Nos techniciens ne savent pas tester !!! Ils nous font des beaux plans de tests, mais au moment du test, si on prend le temps de le faire, on modifie les paramètres, on adapte, on biaise les tests …
Un exemple significatif est le test d’émission d’une trame toutes les heures. Les étudiants nous disent : “à quoi ça sert de faire le test pendant la nuit puisqu’on a vu que ça fonctionne quand on demande une émission toutes les 10 minutes ? “. On a bataillé pour que le test se fasse quand même en respectant le protocole défini. Le lendemain matin, oh ! surprise ! au bout de 2 trames, plus rien : les PCs s’étaient mis en veille !!!

6 – la position des enseignants
Nous avions prévu que nous serions support technique. Il s’est avéré dès le résultat de la transmission du cahier des charges que nous devions aussi superviser l’avancement du projet et nous donner la liberté de recadrer les étudiants après chaque jalon d’avancement du projet. Il faut alors envisager le projet comme une course à la boussole par étape. On joue le rôle de la voiture balais pour tous les candidats qui se sont trompés sur la position de l’arrivée d’une étape : on les amène sur la ligne de départ de l’étape suivante.

7 – correction à prévoir dans le planning
Afin de mieux responsabiliser les ingénieurs dans leur rôle de chef de projet, il faudra la prochaine fois leur demander de réagir à l’analyse faite par les techniciens pour préparer leur travail. Les techniciens devront en avoir le retour avant le début du codage afin de pouvoir le prendre en compte.

8 – intégration des différents éléments du projet

Deux groupes ayant finalisé leur travail 4 heures avant la fin du temps imparti, nous leur avons proposé de travailler sur l’intégration générale de tous les composants (acquisition, interface, portail). Ils ont ainsi pu sentir la difficulté de reprendre le travail d’un autre et l’utilité de tous les documents demandés (manuel d’installation, d’utilisation, analyse, commentaires dans le code, …). Espérons que cela leur sera profitable et qu’ils s’en souviendront lors de la rédaction de leurs prochains documents. L’intégration n’a pour l’instant pas abouti.

9 – intégration du projet dans la progression pédagogique à Dijon
Nous avons pu pendant cette quinzaine faire une synthèse de tout le premier semestre : analyse, intégration de matériel, acquisition, … Cela nous a permi aussi de sensibiliser à la vie d’un projet, ses étapes, ses documents, son rythme. Deux points spécifiquement disciplinaires sont à soulever :
- cela a été l’occasion d’avoir une vraie mise en situation pour valider des tâches de l’habilitation électrique (et ça, je trouve que c’est un petit exploit)
- nous avons pu faire travailler nos étudiants avec du matériel de mesure : GBF et oscilloscope afin de valider le comptage d’événement et de visualiser les trames échangées entre le SHT71 et le PC (ou DK41)

La quinzaine a donc été bien riche, je ne pense pas qu’on ait fait le tour complet de son analyse mais c’est déjà bien riche. Je ne peux pas vous quitter sans préciser que tous les groupes sont arrivés à acquérir les informations demandées. Le calibrage du travail demandé était donc correct, ce n’était pas forcément gagné d’avance.

C’était passionnant de monter tout cela et de le partager pendant deux semaines avec nos élèves. C’est à faire et à refaire.
Nous sommes ouvert pour fournir toutes les informations nécessaires à qui voudrait tenter l’aventure …