TICE et pédagogie

Après avoir visionné ces deux conférences de Joël de Rosnay et Marcel Lebrun, quelques idées fortes ressortent et il me semble important de les garder en mémoire lorsque l’on souhaite intégrer la technologie à sa pédagogie.

Tout d’abord, c’est le projet pédagogique, l’intention pédagogique, qui doit guider le choix des outils utilisés. Il ne faut pas décréter un jour qu’on va se mettre aux nouvelles technologies pour que tout s’articule à merveille et que cela apporte une plus-value visible. Ces outils apportent de nouvelles possibilités :

  • dilatation du temps scolaire,
  • communication,
  • publication et/ou historisation de travaux ou d’activité,
  • variété des ressources, …

C’est pour ces possibilités, et en fonction de ce que l’on veut vivre avec les élèves ou étudiants qu’il faut choisir l’outil technologique le plus adapté. (je choisis volontairement “vivre avec les élèves ou étudiants” plutôt que “faire” pour insister sur l’implication personnelle nécessaire de la part de l’enseignant). Le document instrumentation pour prodagéo peut être une piste pour aborder des possibilités offertes par les TICE et guider dans le choix de l’outil le plus adapté au besoin et au contexte de chacun. Il ne faut pas s’illusionner, la méthode pédagogique est plus importante que l’outil et si l’on utilise un nouvel outil, il va falloir mettre en place une nouvelle méthode pour en tirer le meilleur parti… Ce n’est pas parce qu’un polycopié est en ligne que les étudiants vont être plus performants que lorsqu’ils en avaient une photocopie.

Un autre point qui me semble important est l’évaluation des étudiants qui utilisent les TICE. Lorsque l’utilisation vise le développement de méta-compétences (communication, recherche d’information, …), comment évalue-t-on leurs progrès ? Quels sont les signes de leur apprentissage ? Quel niveau de compétence vise-t-on ? Je n’ai actuellement pas de réponses à ces questions, cependant, des dispositifs comme le B2I ou C2I (dont le livret d’accompagnement du référentiel apporte quelques précisions) peuvent être des repères pour guider les enseignants.

Un troisième point me semble très intéressant et qui est énoncé par Marcel Lebrun : on apprend en soi, en s’appropriant des connaissances. L’élève ne peut apprendre que s’il a la volonté et fait l’effort de s’impliquer dans sa formation. Le travail de l’enseignant est donc de créer des situations motivantes pour que l’élève s’investisse : c’est le meilleur (le seul ?) levier que nous ayons à notre disposition.

Marcel Lebrun propose un schéma qui doit s’appliquer à tout projet pédagogique (qu’il y ait utilisation ou pas de technologies informatiques), que je reproduis ci-dessous :

schéma présentant la structure d'un projet pédagogique selon Marcel Lebrun

  • L’information est la base, la connaissance à s’approprier
  • L’activité précise ce que fait l’élève
  • La motivation est le moteur qui fait vivre l’activité. L’enseignant peut avoir à fournir du carburant pour ce moteur …
  • La production est le résultat de l’activité, il pourra être réinvestit et servir de base à d’autres activités par rétroaction.
  • L’interaction offre la possibilité d’intégrer une source de questionnement externe qui permet d’approfondir l’activité pour enrichir la production.

En mettant ce schéma en regard avec celui-ci où j’essayais de représenter ma conception de l’apprenant au centre de sa formation, on retrouve des aspects communs avec les idées développées ci-dessus.

l'apprenant au centre de sa formation

  • L’activité de l’apprenant correspond à : ‘je réalise’, ‘je recherche’, ‘j’analyse’,
  • L’appropriation se fait au niveau de ‘je structure’,
  • La rétroaction correspond à une possibilité de ‘j’exploite’.

Reste à positionner la motivation, l’interaction et la production …

Je pense que la motivation est le ‘terreau’ sur lequel peut se développer ce schéma, c’est le fond de l’image… Il faudrait voir en transparence pour pouvoir lire ‘je suis motivé’ qui est le précepte de base comme vu plus haut.

l’interaction pourrait se voir en mettant plusieurs diagrammes d’apprenant côte à côte et voir qu’en fait ils se chevauchent. Comme me le présente ici Florence Meichel, plusieurs ‘Je’ peuvent faire un ‘Nous’ (s’il y a interaction). On passe alors à l’apprentissage collaboratif où l’on apprend des autres. Dans ce cas, l’enseignant n’est pas forcément plus une source de savoir que n’importe quel élève …

un nouvel ENT pour une nouvelle année

Après plusieurs essais de différents ENT (Moodle et Claroline), je suis tombé sur Spiral qui est l’ENT développé par le service ICAP de l’université Lyon 1. C’est celui que je compte utiliser cette année avec les étudiants de BTS IRIS.

Il est très complet :
- dépose de document,
- remise de devoirs,
- blogs,
- wikis,
- forums,
- questionnaires,
- visio en bêta,
- intégration possible de nombreux outils Web 2.0 externes

Il est facile à prendre en main et gratuit pour l’éducation nationale.
- Si vous voulez découvrir pour le prendre en main
- Si vous voulez l’exploiter avec des élèves

A chaque fois, il vous faut créer un compte enseignant dans l’espace choisi puis laisser aller son intuition.

Enfin, si vous voulez vous faire une idée de l’environnement vu du côté élève, c’est par ici pour la première année ou par là pour la deuxième. Bonne visite …

Bonne découverte.

instrumentation d’un projet (suite)

Une fois la carte d’instrumentation d’un projet mise au point, il semblait intéressant de recenser un ensemble d’outils qui permettent de répondre à ces besoins. Pour définir ces outils, je me suis placé dans un contexte de l’éducation nationale avec les contraintes suivantes :

  • Les outils ne doivent pas s’installer sur un serveur dédié (à priori, non disponible dans l’éducation nationale)
  • Les seuls serveurs envisagés pour héberger des outils (exception à la règle précédente) sont des serveurs web standard (basés sur Apache, MySQL et PHP), présents dans les académies. Des solutions alternatives grand public existent en cas de difficultés au niveau académique.
  • Si le service est en version limitée, la limitation doit porter sur les fonctionnalités ou la capacité (nombre de documents, espace mémoire, …) et non pas sur la durée.
  • Le prix de la solution choisie doit être limité (l’essentiel des outils présentés ont une version gratuite)

La liste n’est sûrement pas exhaustive mais elle permet déjà de déblayer le terrain. Bonne lecture …

Instrumentation d’un projet

Voici une carte qui positionne un ensemble de fonctionnalités qui peuvent être nécessaires pour un projet de type Prodageo. L’utilisation de cette carte doit se faire en 2 temps : il faut d’abord définir le besoin puis choisir la (ou les) fonctionnalité(s) la (les) plus adaptée(s) pour y répondre.

Les trois domaines répertoriés où il faut envisager une instrumentation sont :

  • la communication (dans un sens très large),
  • la gestion de projet (planification, suivi, …),
  • le domaine d’activité avec ses outils métiers spécifiques.
carte de définition des besoins et des outils pour Prodagéo

carte de définition des besoins et des outils pour Prodagéo

Afin de séparer les multiples outils de communication existant, ce domaine a été divisé en 3 : communication synchrone, communication asynchrone et communication latente, cette dernière étant une mise à disposition de données.

Afin de ne pas surcharger cette carte, un petit logo (rss ou enveloppe) indique le mode de suivi des outils qui le nécessitent : soit par fil RSS, soit par mail.

L’objectif à terme est de proposer une liste de solutions logicielles pour chaque fonctionnalité recensée, en se limitant aux solutions faciles à mettre en oeuvre (hébergées ou très grand public).

N’hésitez pas à approter votre point de vue sur cette classification …

Un guide sur la communication éducative

Le REFAD vient de publier (mars 2009) un guide de communication éducative en formation à distance. Ce document très complet et riche devrait être une source d’inspiration pour progresser dans l’instrumentation de Prodagéo et mieux répondre aux attentes en communication des participants. L’analyse se décompose en 6 chapitres :

  • Le processus de communication éducative
  • Les caractéristiques psychosociales de acteurs participants et caractéristiques organisationnelles des institutions
  • Les caractéristiques des contenus de formation
  • Les diverses modalités de formation-apprentissage
  • Les TIC : l’évolution des technologies et son influence sur la formation
  • Les critères de choix pour l’instrumentation d’une formation

A lire et à relire …

Les flux RSS

Dans le cadre de la formation à l’utilisation d’internet, il me semble important de présenter les flux RSS pour sensibiliser les étudiants à la puissance de cet outil et les inciter à l’exploiter le plus possible. C’est dans cet esprit que j’ai fait cette carte qui permet de voir plusieurs aspects de ces flux qui sont la “circulation sanguine” d’Internet. L’objectif est de monter que ces flux ont deux intérêts complémentaires :

  • ils permettent une veille facile et efficace, une fois que les flux sont bien repérés, organisés et retravaillés si nécessaire.
  • ils permettent aussi une diffusion aisée de l’information à tous les destinataires.
outils d'exploitation des flux RSS

exploitation des flux RSS

Cet article est pour moi l’occasion d’essayer un nouvel outil gratuit et en ligne : mindomo. L’utilisation est facile et le rendu me plaît bien… il mérite d’y prêter attention.

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Journée Spiral

J’étais Mercredi à Lyon pour une présentation de Spiral. J’ai eu l’occasion d’y rencontrer entre autre C. Batier et P. Benech et d’avoir une discussion très sympa et très riche avec eux. Ils m’ont re-motivé (si c’était nécessaire) pour avancer vers une pédagogie laissant plus sa place à l’étudiant (laissant même toute sa place à l’étudiant !). Ils ont pu me montrer la faisabilité de la construction des savoirs par les étudiants, il n’y a plus qu’à s’y mettre pour la prochaine rentrée. L’idée actuelle est de positionner l’enseignant comme référent, éveilleur, pour susciter la curiosité des apprenants et les guider dans leur processus d’apprentissage.
J’étais très impressionné par la méthode pédagogique de Pierre où les étudiants choisissent le thème qu’ils étudient en groupe pour une période de quelques semaines (en lien avec un système support) et construisent le contenu collectivement sur un wiki : je trouve l’idée super, il ne reste qu’à voir comment adapter le scénario au cadre du BTS IRIS.

Que du bonheur !

instrumentation de Prodagéo

Je me pose pas mal de questions sur l’instrumentation des projets Prodagéo à partir du constat des expériences passées.

1 – le constat

Lors du premier projet, les étudiants étaient d’une part à Dijon et d’autre part à Safi au Maroc. Les échanges se sont fait sous forme de clavardage (pour la transmission du cahier des charges) puis par mail pour le suivi du projet. Une plateforme Moodle a été utilisée pour synchroniser les actions des différents intervenants.

Lors du second projet, le travail s’est articulé autour de blogs et de wikis.

2 – la critique

Pour le premier projet, les outils utilisés n’étaient pas liés entre eux, ce qui demande un effort de la part des étudiants alors que l’on pourrait être en droit d’attendre de l’informatique moderne de faciliter le travail et la collaboration. De plus Moodle a été détourné de sa fonctionnalité initiale pour l’adapter à notre besoin (c’est plus simple d’utiliser ce qui existe déjà, quitte à l’adapter, que de mettre en place un nouvel outil).

L’outil blog, qui a été initialement choisi pour la veille collaborative, ne semble en fait pas adapté. Il est très pratique pour les enseignants pour suivre l’avancée des travaux mais n’est pas ergonomique pour les étudiants utilisateurs (et c’est quand même eux les premiers intéressés…). Il aurait sans doute été plus judicieux d’utiliser :

- un outil de type forum pour instrumenter la discussion entre les étudiants,
- un outil de marquage de signets ou un fil RSS pour partager le fruit des recherches.

3 – les conclusions

Existe-t-il un outil qui intègre ces différentes fonctionnalités ? OUI !!! Le réseau social ! Et la lecture de cet article de Bertrand Duperrin m’incite à penser que c’est peut-être effectivement la bonne solution… Pour l’instant, j’ai repéré plusieurs acteurs dans le domaine qui semblent répondre à mes attentes et qui sont gratuits : Ning, Grou.ps, BuddyPress et Xwiki. Les deux premiers sont hébergés alors que les derniers sont à héberger (ce qui est un inconvénient à mes yeux : installation, configuration, maintenance, … demandent beaucoup de temps). Les connaisseurs pourront me dire que les LMS (Moodle, Dokéos, Claroline, … et les autres) offrent toutes ces fonctionnalités et qu’en plus, ils respectent le standard SCORM (utile pour indexer, produire, transférer, reprendre un parcours pédagogique). C’est vrai, mais c’est délicat d’ajouter à la plate-forme pédagogique d’un établissement des étudiants extérieurs. De plus, je trouve intéressant que nos étudiants soient confrontés à des environnements autres que pédagogiques (dans l’absolu, j’aimerai bien travailler avec un outil professionnel, par exemple bluekiwi ou Xwiki, que j’ai déjà mentionné ci-dessus, et il y en a sûrement d’autres …).

Tout cela est encore à approfondir, ce n’est qu’un début de réflexion … Je viens de constater que je ne suis pas le seul à avoir ces velléités puisque Gabriel Flacks présente ici son utilisation pédagogique de Ning…

Prodagéo et les compétences clés

Au détour de lectures sur le web, je suis tombé sur la Définition et la sélection des compétences clés (DeSeCo). C’est un programme de l’OCDE qui sert de base au Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves (PISA). Ce rapport met en évidence 3 catégories de compétences clés :

-1- Se servir d’outils de manière interactive (langue, technologie, …)
-2- Interagir dans des groupes hétérogènes
-3- Agir de façon autonôme

Chacune de ces catégories se découpe en 3 compétences. On arrive ainsi aux 9 compétences clés que définit le rapport :

1-A Utiliser le langage, les symboles et les textes de manière interactive,
1-B Utiliser le savoir et l’information de manière interactive,
1-C Utiliser les technologies de manière interactive.
2-A Établir de bonnes relations avec autrui,
2-B Coopérer,
2-C Gérer et résoudre des conflits.
3-A Agir dans le contexte global,
3-B Élaborer et réaliser des des projets de vie et des programmes personnels,
3-C Défendre et affirmer ses droits, ses intérêts, ses limites et ses besoins.

Le rapport rappelle aussi que “le concept d’apprentissage tout au long de la vie part du principe que les compétences nécessaires dans la vie ne peuvent pas toutes être acquises pendant la formation initiale”. Ainsi, si les premières compétences clés (1-A à 2-B) peuvent être intégrées dans une formation initiale, les autres nécessitent une expérience et une maturité qui s’acquièrent petit à petit.

Tout cela me conforte dans la carte des bonnes pratiques qui correspond à une base pour la formation tout au long de la vie.

C’est avec toutes ces idées en tête que je me suis inscrit au FormaCamp à Lyon. Ce sera l’occasion d’approfondir cette réflexion et de la confronter à d’autres points de vue …

carte des bonnes pratiques

Depuis le début de ce blog, plusieurs projets ont été menés dans des directions diverses : projet informatique géodistribué, réalisation d’un wiki, blogs de veille. Il me semble important de faire le point sur la structuration générale de ma démarche et de mettre en perspective ces différents projets.

Le fruit de ma réflexion se présente sous forme d’une carte des bonnes pratiques, présentée ci-dessous :

cartes des bonnes pratiques

cartes des bonnes pratiques

Cette carte recense des bonnes pratiques qu’il est intéressant de

√ présenter,
√ proposer,
√ imposer (à chacun de voir quelle case il coche …)

à nos étudiants. Elle n’est sûrement pas exhaustive et peut être enrichie de toutes vos idées.

1 – Les bonnes pratiques en informatique

La partie haute est bien sûre très orientée informatique, mais c’est un peu normal, c’est la matière que j’enseigne. L’objectif est de mettre en relief des habitudes que les étudiants doivent prendre au cours des 2 ans de la formation de BTS pour pouvoir s’intégrer facilement dans une équipe professionnelles.

Les bonnes pratiques individuelles correspondent à la compétence C5.7 : Mettre en oeuvre un environnement de programmation du référentiel du BTS IRIS.

Les bonnes pratiques collectives sont relatives à la gestion de projet et à l’organisation du travail en équipe. Elles correspondent à la capacité C2 : ORGANISER du même référentiel.

2 – Les bonnes pratiques en formation

Clairement, il est indispensable que nos étudiants sachent apprendre par eux-mêmes, découvrir des nouveautés en autonomie, rechercher des informations ou des exemples sur un domaine donné. De même, il est important qu’ils sachent structurer leurs connaissances et évaluer leur niveau de maîtrise d’un domaine (la taxonomie présentée ici est adaptée à de l’autoformation en codage informatique ou configuration de service ou matériel. Libre à chacun de choisir sa taxonomie adaptée au domaine enseigné).

Enfin, nos étudiants doivent aussi apprendre à partager leur savoir, leurs expériences, leurs découvertes. Ces pratiques permettent d’être, en équipe, beaucoup plus productif. Il faut encore accepter les remarques des autres et voir chacun comme un partenaire et non pas un concurrent.

Une fois la carte réalisée, j’ai repensé à quelques interventions lors de TICE 2008 où certains étaient adeptes du “Apprendre à apprendre” et d’autres du “Apprendre à partager”. A mon avis, il est indispensable que les futurs professionnels soient formés dans ces deux directions en parallèle : loin d’être opposées, elles se complètent et s’enrichissent…