Qu’attend-on des étudiants ?

Je suis de plus en plus désemparé par le comportement des étudiants que je trouve passifs, peu ou pas motivés, consommateurs, … (chacun peut rajouter ses caractéristiques). Depuis, j’ai été interpellé par la vidéo de Denis Berthiaume : Comment apprend-on à l’université ? qui met en avant le fait qu’il faut expliciter aux étudiants le comportement et le travail attendus :  il faut donc que cela soit déjà clair dans la tête de l’enseignant !

Voici donc, dans les grandes lignes ce que j’attends des étudiants :

  • être présent activement en cours,
  • prendre de note pendant le cours,
  • poser des questions dès que ça coince,
  • s’approprier les notes après le cours,
  • apprendre le cours,
  • être curieux, par exemple dans le domaine professionnel en lien avec leur formation.

Ces quelques idées tombent sous le sens, mais ça va mieux en le disant !!!

Maintenant que c’est dit, comment aider les étudiants à mettre en pratique ces belles recommandations ? Effectivement, c’est là qu’il y a un problème ! Ils sont globalement d’accord avec les résolutions mais n’arrivent pas à les tenir. Pour approfondir un peu cette liste, je vous propose quelques réflexions sur certains points.

Prendre des notes en cours et les retravailler

l’article précédent de ce blog présente un exercice de prise de notes collaboratives qui a été essayé avec les étudiants. Le travail est intéressant, la nouveauté attire, les notes qui ressortent de l’activité correspondent assez bien à l’exposé. Cela ne doit pas être limitatif : les étudiants qui ne sont pas directement impliqués doivent eux aussi prendre des notes sur un support classique. Annie Piolat et Françoise Boch présentent dans Apprendre en notant et apprendre à noter l’intérêt de cette prise de note pour la mémorisation et l’appropriation du contenu. Elles soulignent aussi l’importance de retravailler ces notes afin de se les approprier. La réalisation d’une carte conceptuelle peut être une piste à proposer aux étudiants pour structurer les informations et construire de la connaissance. Enfin, elles précisent l’influence de l’organisation spatiale des notes, dimension qui est peu (voire pas) développée dans la prise de note collaborative.

Poser des questions

Ces questions peuvent arriver pendant le cours, à chaud.  Il peut ainsi être intéressant de mettre les étudiants en petits groupes pour qu’ils confrontent leurs points de vue sur un sujet qui vient d’être exposé : cela peut générer des argumentations, objections et peut-être des questions ! Elles peuvent aussi être le fruit du travail personnel et de la relecture des notes du cours précédent. Il me semble que ces questions sont alors un indicateur du travail fourni sur le cours précédent. Ce travail peut être personnel ou en groupe en reprenant la même démarche.

Apprendre le cours

Cela semble vraiment un supplice insurmontable ! Et pourtant, une fois que les notes sont reprises dans une synthèse (textuelle ou graphique) et que la structure intrinsèque du contenu est dégagée, il ne reste plus beaucoup d’efforts à faire ! Je suis de plus en plus convaincu que l’enseignant doit préciser aux étudiants explicitement ce qu’ils doivent retenir pour du toute leur vie. La mémorisation de ces notions élémentaires peut être vérifiée et évaluée n’importe quand lors du cursus de formation sans préavis.

Être curieux

Je suis toujours surpris de voir l’absence de curiosité des étudiants. il faut les pousser à lire et s’intéresser. Dans cette dynamique, j’aime bien les tweets Soyez curieux/ de Laurence Juin avec ses étudiants de Bac Pro pour les ouvrir sur le monde et aiguiller leur curiosité. Cette démarche me semble très intéressante mais nécessite, quel que soit le canal de diffusion (twitter, blog, groupe Diigo, …), la mise en place de l’outil (compte twitter, agrégateur RSS, …) qui va s’intégrer dans l’Espace Personnel d’Apprentissage. Il y a là un sérieux travail à faire pour aider l’étudiant à construire cet espace et se l’approprier.

Et localement, ça se vit comment ?

On constate en BTS que les étudiants que nous accueillons se sentent toujours au lycée et ont du mal à basculer dans leur nouvelle vie d’étudiant. Il est donc primordial que les équipes enseignantes  explicitent aux nouveaux étudiants le changement d’attitude attendu. Afin de faciliter la mise en pratique, pourquoi ne pas lancer, dès la rentrée, un travail complètement différent en mode projet afin de ‘bousculer’ le lycéen et l’aider à faire sa mue ?  On peut s’inspirer par exemple de ce qui s’est fait à ESIEE Engineering 2 années de suite et qui a été présenté à Nancy lors de TICE 2010. Ce peut être une occasion intéressante de tester la transférabilité d’un module de formation expérimental.

Il est délicat de lancer cette démarche en cours d’année mais il vaut mieux rédiger tout cela en janvier qu’avoir tout oublié en septembre, non ?

PS : vous pourrez noter au passage l’utilisation de citebite pour le lien qui pointe au milieu d’une page (merci @crid) …

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