une vision du portfolio d’apprentissage

Yves Morin présente dans son blog un article très pertinent sur le portfolio où il indique comment il l’utilise pour évaluer le travail de ses étudiants. Je vous en propose une synthèse en deux citations et un graphique.

« [Utiliser le portfolio] pour faire travailler les étudiants significativement et leur apprendre à s’assumer comme apprenant, à se responsabiliser, à s’autoréguler, à s’impliquer et  à être autonome. »

« Le cahier d’apprentissage fournit l’occasion à l’étudiant de se développer au travers son cheminement personnel. L’étudiant est celui qui bâtit son cahier, il exerce ses choix et son droit sur le contenu, il représente ce qu’il est comme apprenant et ce qu’il devient. »

Enfin, Morin présente comment le portfolio permet d’agir sur la personne, les tâches, les stratégies cognitives, métacognitives et motivationnelles, les objectifs visés et les représentations initiales. (variables définies par Noël, Romainville et Wolfs, autour desquelles l’étudiant pourrait construire sa connaissance). Vous avez ci-dessous une représentation graphique, synthétique de ma lecture de l’article (en espérant ne pas trop dénaturer les propos de l’auteur …)

portfolio Morin

Si le sujet vous intéresse, allez lire l‘article original !!!

Qu’attend-on des étudiants ?

Je suis de plus en plus désemparé par le comportement des étudiants que je trouve passifs, peu ou pas motivés, consommateurs, … (chacun peut rajouter ses caractéristiques). Depuis, j’ai été interpellé par la vidéo de Denis Berthiaume : Comment apprend-on à l’université ? qui met en avant le fait qu’il faut expliciter aux étudiants le comportement et le travail attendus :  il faut donc que cela soit déjà clair dans la tête de l’enseignant !

Voici donc, dans les grandes lignes ce que j’attends des étudiants :

  • être présent activement en cours,
  • prendre de note pendant le cours,
  • poser des questions dès que ça coince,
  • s’approprier les notes après le cours,
  • apprendre le cours,
  • être curieux, par exemple dans le domaine professionnel en lien avec leur formation.

Ces quelques idées tombent sous le sens, mais ça va mieux en le disant !!!

Maintenant que c’est dit, comment aider les étudiants à mettre en pratique ces belles recommandations ? Effectivement, c’est là qu’il y a un problème ! Ils sont globalement d’accord avec les résolutions mais n’arrivent pas à les tenir. Pour approfondir un peu cette liste, je vous propose quelques réflexions sur certains points.

Prendre des notes en cours et les retravailler

l’article précédent de ce blog présente un exercice de prise de notes collaboratives qui a été essayé avec les étudiants. Le travail est intéressant, la nouveauté attire, les notes qui ressortent de l’activité correspondent assez bien à l’exposé. Cela ne doit pas être limitatif : les étudiants qui ne sont pas directement impliqués doivent eux aussi prendre des notes sur un support classique. Annie Piolat et Françoise Boch présentent dans Apprendre en notant et apprendre à noter l’intérêt de cette prise de note pour la mémorisation et l’appropriation du contenu. Elles soulignent aussi l’importance de retravailler ces notes afin de se les approprier. La réalisation d’une carte conceptuelle peut être une piste à proposer aux étudiants pour structurer les informations et construire de la connaissance. Enfin, elles précisent l’influence de l’organisation spatiale des notes, dimension qui est peu (voire pas) développée dans la prise de note collaborative.

Poser des questions

Ces questions peuvent arriver pendant le cours, à chaud.  Il peut ainsi être intéressant de mettre les étudiants en petits groupes pour qu’ils confrontent leurs points de vue sur un sujet qui vient d’être exposé : cela peut générer des argumentations, objections et peut-être des questions ! Elles peuvent aussi être le fruit du travail personnel et de la relecture des notes du cours précédent. Il me semble que ces questions sont alors un indicateur du travail fourni sur le cours précédent. Ce travail peut être personnel ou en groupe en reprenant la même démarche.

Apprendre le cours

Cela semble vraiment un supplice insurmontable ! Et pourtant, une fois que les notes sont reprises dans une synthèse (textuelle ou graphique) et que la structure intrinsèque du contenu est dégagée, il ne reste plus beaucoup d’efforts à faire ! Je suis de plus en plus convaincu que l’enseignant doit préciser aux étudiants explicitement ce qu’ils doivent retenir pour du toute leur vie. La mémorisation de ces notions élémentaires peut être vérifiée et évaluée n’importe quand lors du cursus de formation sans préavis.

Être curieux

Je suis toujours surpris de voir l’absence de curiosité des étudiants. il faut les pousser à lire et s’intéresser. Dans cette dynamique, j’aime bien les tweets Soyez curieux/ de Laurence Juin avec ses étudiants de Bac Pro pour les ouvrir sur le monde et aiguiller leur curiosité. Cette démarche me semble très intéressante mais nécessite, quel que soit le canal de diffusion (twitter, blog, groupe Diigo, …), la mise en place de l’outil (compte twitter, agrégateur RSS, …) qui va s’intégrer dans l’Espace Personnel d’Apprentissage. Il y a là un sérieux travail à faire pour aider l’étudiant à construire cet espace et se l’approprier.

Et localement, ça se vit comment ?

On constate en BTS que les étudiants que nous accueillons se sentent toujours au lycée et ont du mal à basculer dans leur nouvelle vie d’étudiant. Il est donc primordial que les équipes enseignantes  explicitent aux nouveaux étudiants le changement d’attitude attendu. Afin de faciliter la mise en pratique, pourquoi ne pas lancer, dès la rentrée, un travail complètement différent en mode projet afin de ‘bousculer’ le lycéen et l’aider à faire sa mue ?  On peut s’inspirer par exemple de ce qui s’est fait à ESIEE Engineering 2 années de suite et qui a été présenté à Nancy lors de TICE 2010. Ce peut être une occasion intéressante de tester la transférabilité d’un module de formation expérimental.

Il est délicat de lancer cette démarche en cours d’année mais il vaut mieux rédiger tout cela en janvier qu’avoir tout oublié en septembre, non ?

PS : vous pourrez noter au passage l’utilisation de citebite pour le lien qui pointe au milieu d’une page (merci @crid) …

Quelques lectures sur le tutorat …

Après quelques lectures sur la motivation …, voici une nouvelle série de lectures sur un thème à la mode : le tutorat. Les articles lus sont les suivants :

Proposition d’un modèle de tutorat pour la conception de dispositifs d’accompagnement en formation en ligne de Patricia Gounon, Pascal Leroux et Xavier Dubourg – 2004

L’e-tutorat de Michel Lisowski – 2009

Les mémos de l’IPM : quels rôles pour les tuteurs ? collectif de l’IPM – 2006

Ces articles présentent la position du tutorant dans une formation et les interactions qu’il peut entretenir avec les tutorés. Il est précisé que le tutorant peut être un tuteur, un pair ou un dispositif informatique alors que le tutoré peut être un groupe complet d’apprenants, un sous-groupe ou un apprenant seul.

Le premier article s’attache a définir les différentes caractéristiques d’une relation tutorale (tutorant-tutoré) et ressort :

– le contenu : utilisation (des outils, du parcours, …), compréhension (savoirs  du domaine, consignes, …), méthodologie, motivation,
– la modalité : proactif ou réactif,
– la temporalité : synchrone/asynchrone, pérenne/non pérenne (persistance de l’information ou non durant la formation).

Les annexes de cet articles présentent la caractérisation d’outils utilisables par un tuteur (forum, messagerie, chat, aide réactive et carnet de route) ainsi que la présentation des « recommandations du tueur » pour un parcours de formation.

Le deuxième article aborde pour sa part les différentes « maisons » de la FOAD : autoformation, formation à distance, tutorat en ligne, travail collaboratif et communauté de pratique, chacune reposant sur différents piliers. Pour ce qui est du tutorat, il en présente les 4 piliers  :
– encourager l’autoformation,
– personnaliser l’accompagnement,
– favoriser les collaborations,
– maîtriser les TICE.

Michel Lisowski présente ici un graphique éloquent sur la différence de point de vue sur la fonction tutorale entre les tuteurs et les apprenants (les points étudiés sont : cognition, socialisation, organisation, technologie, évaluation, métacognition)  Il en ressort qu’excepté  pour la cognition et la technologie, les attentes des apprenants et des tuteurs  ont  des niveaux d’importance opposés.

Le dernier article pour sa part définit la position du tuteur en fonction de la tâche de l’étudiant et définit 2 facettes :

  • soutien aux apprentissages disciplinaires où son rôle est de :
    • conduire
    • questionner
    • faciliter
    • diagnostiquer
  • soutien aux apprentissages transversaux sur 2 aspects :
    • la démarche d’apprentissage
    • les interactions sociales

Ces articles sont, à mes yeux, très complémentaires car ils présentent plusieurs facettes du même rôle et s’éclairent mutuellement.

Bonne lecture …

PS : Merci à J.Rodet et son blog de t@d qui nourrit la réflexion sur ce sujet et m’a aiguillé vers les deux premiers textes présentés ici.

Quelques lectures sur la motivation …

En parcourant le blog, on peut constater que depuis un certain temps, je me pose des questions sur la motivation des étudiants (ici ou ). La quête avance et quelques lectures précieuses me permettent de clarifier un peu ce concept.

Je vous présente ici une synthèse de quelques articles qui m’ont éclairés :

Peut-on apprendre sans motivation ? table ronde animée par Pascale Certa-Lafitte, avec Isabelle Causse-Mengui, Cécile Delannoy et Philippe Meirieu
Vive la motivation ? par André Giordan – Cahiers pédagogiques n° 431
Motivation à apprendre, mythe ou réalité ? par Hervé Legrain, 8e Biennale de l’éducation et de la formation – 2006
La motivation des étudiants à l’université : mieux comprendre pour mieux agir par Rolland Viau – Conférence non publiée, Université de Liège – 2006.

Les deux premiers articles ont une approche plutôt générale du problème, ils précisent le sujet en en définissant les contours : il est sans doute plus précis de parler du « désir d’apprendre » des élèves ou étudiants plutôt que de leur motivation. De ce point de vue, le rôle de l’école est alors de donner envie d’apprendre. C’est d’ailleurs ce que font les pédagogues lorsqu’ils cherchent à « faire désirer à un enfant ce qu’il ne désire pas, en prenant appui sur ce qu’il désire ».

Les deux autres articles proposent des pistes de réflexions et d’actions pour dynamiser les élèves. Viau présente la dynamique de la motivation comme suit :

dynamique de la motivation selon Viau

Il précise par la suite différents facteurs pour chacun de ces points :

Les critères de valeur d’une activité :

signifiante : l’activité est en lien avec les centres d’intérêts ou le projet personnel de l’élève
diversifiée et en lien avec les autres activités (quelque soit la matière)
authentique : l’activité va plus loin qu’un acte purement pédagogique, elle conduit à une production crédible pour l’élève (proche d’un produit professionnel pour les étudiants)
interdisciplinaire
durée satisfaisante : ni trop long, ni trop court …

Les critères de compétence d’un apprenant :

– l’activité représente un défi
– l’activité nécessite un engagement cognitif

Les critères de contrôlabilité d’une activité (rôle de l’apprenant dans l’activité)

responsabiliser l’apprenant
– permettre à l’étudiant d‘interagir avec les autres

Les indicateurs de l’engagement d’un apprenant sont la persévérance (qui correspond à la durée de l’engagement) et l’implication cognitive (qui correspond à l’intensité de l’engagement).

Enfin, lorsque la réussite arrive, tous s’accordent à dire qu’il faut la reconnaître et la valoriser par des encouragements, félicitations, remarques lors des évaluations, ou autres…

Ce bref tour de la motivation et des différents leviers accessibles devrait permettre de mieux préparer les prochaines activités.

TICE et pédagogie

Après avoir visionné ces deux conférences de Joël de Rosnay et Marcel Lebrun, quelques idées fortes ressortent et il me semble important de les garder en mémoire lorsque l’on souhaite intégrer la technologie à sa pédagogie.

Tout d’abord, c’est le projet pédagogique, l’intention pédagogique, qui doit guider le choix des outils utilisés. Il ne faut pas décréter un jour qu’on va se mettre aux nouvelles technologies pour que tout s’articule à merveille et que cela apporte une plus-value visible. Ces outils apportent de nouvelles possibilités :

  • dilatation du temps scolaire,
  • communication,
  • publication et/ou historisation de travaux ou d’activité,
  • variété des ressources, …

C’est pour ces possibilités, et en fonction de ce que l’on veut vivre avec les élèves ou étudiants qu’il faut choisir l’outil technologique le plus adapté. (je choisis volontairement « vivre avec les élèves ou étudiants » plutôt que « faire » pour insister sur l’implication personnelle nécessaire de la part de l’enseignant). Le document instrumentation pour prodagéo peut être une piste pour aborder des possibilités offertes par les TICE et guider dans le choix de l’outil le plus adapté au besoin et au contexte de chacun. Il ne faut pas s’illusionner, la méthode pédagogique est plus importante que l’outil et si l’on utilise un nouvel outil, il va falloir mettre en place une nouvelle méthode pour en tirer le meilleur parti… Ce n’est pas parce qu’un polycopié est en ligne que les étudiants vont être plus performants que lorsqu’ils en avaient une photocopie.

Un autre point qui me semble important est l’évaluation des étudiants qui utilisent les TICE. Lorsque l’utilisation vise le développement de méta-compétences (communication, recherche d’information, …), comment évalue-t-on leurs progrès ? Quels sont les signes de leur apprentissage ? Quel niveau de compétence vise-t-on ? Je n’ai actuellement pas de réponses à ces questions, cependant, des dispositifs comme le B2I ou C2I (dont le livret d’accompagnement du référentiel apporte quelques précisions) peuvent être des repères pour guider les enseignants.

Un troisième point me semble très intéressant et qui est énoncé par Marcel Lebrun : on apprend en soi, en s’appropriant des connaissances. L’élève ne peut apprendre que s’il a la volonté et fait l’effort de s’impliquer dans sa formation. Le travail de l’enseignant est donc de créer des situations motivantes pour que l’élève s’investisse : c’est le meilleur (le seul ?) levier que nous ayons à notre disposition.

Marcel Lebrun propose un schéma qui doit s’appliquer à tout projet pédagogique (qu’il y ait utilisation ou pas de technologies informatiques), que je reproduis ci-dessous :

schéma présentant la structure d'un projet pédagogique selon Marcel Lebrun

  • L’information est la base, la connaissance à s’approprier
  • L’activité précise ce que fait l’élève
  • La motivation est le moteur qui fait vivre l’activité. L’enseignant peut avoir à fournir du carburant pour ce moteur …
  • La production est le résultat de l’activité, il pourra être réinvesti et servir de base à d’autres activités par rétroaction.
  • L’interaction offre la possibilité d’intégrer une source de questionnement externe qui permet d’approfondir l’activité pour enrichir la production.

En mettant ce schéma en regard avec celui-ci où j’essayais de représenter ma conception de l’apprenant au centre de sa formation, on retrouve des aspects communs avec les idées développées ci-dessus.

l'apprenant au centre de sa formation

  • L’activité de l’apprenant correspond à : ‘je réalise’, ‘je recherche’, ‘j’analyse’,
  • L’appropriation se fait au niveau de ‘je structure’,
  • La rétroaction correspond à une possibilité de ‘j’exploite’.

Reste à positionner la motivation, l’interaction et la production …

Je pense que la motivation est le ‘terreau’ sur lequel peut se développer ce schéma, c’est le fond de l’image… Il faudrait voir en transparence pour pouvoir lire ‘je suis motivé’ qui est le précepte de base comme vu plus haut.

l’interaction pourrait se voir en mettant plusieurs diagrammes d’apprenant côte à côte et voir qu’en fait ils se chevauchent. Comme le présente ici Florence Meichel, plusieurs ‘Je’ peuvent faire un ‘Nous’ (s’il y a interaction). On passe alors à l’apprentissage collaboratif où l’on apprend des autres. Dans ce cas, l’enseignant n’est pas forcément plus une source de savoir que n’importe quel élève …

Un guide sur la communication éducative

Le REFAD vient de publier (mars 2009) un guide de communication éducative en formation à distance. Ce document très complet et riche devrait être une source d’inspiration pour progresser dans l’instrumentation de Prodagéo et mieux répondre aux attentes en communication des participants. L’analyse se décompose en 6 chapitres :

  • Le processus de communication éducative
  • Les caractéristiques psychosociales de acteurs participants et caractéristiques organisationnelles des institutions
  • Les caractéristiques des contenus de formation
  • Les diverses modalités de formation-apprentissage
  • Les TIC : l’évolution des technologies et son influence sur la formation
  • Les critères de choix pour l’instrumentation d’une formation

A lire et à relire …

Prodagéo et les compétences clés

Au détour de lectures sur le web, je suis tombé sur la Définition et la sélection des compétences clés (DeSeCo). C’est un programme de l’OCDE qui sert de base au Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves (PISA). Ce rapport met en évidence 3 catégories de compétences clés :

-1- Se servir d’outils de manière interactive (langue, technologie, …)
-2- Interagir dans des groupes hétérogènes
-3- Agir de façon autonôme

Chacune de ces catégories se découpe en 3 compétences. On arrive ainsi aux 9 compétences clés que définit le rapport :

1-A Utiliser le langage, les symboles et les textes de manière interactive,
1-B Utiliser le savoir et l’information de manière interactive,
1-C Utiliser les technologies de manière interactive.
2-A Établir de bonnes relations avec autrui,
2-B Coopérer,
2-C Gérer et résoudre des conflits.
3-A Agir dans le contexte global,
3-B Élaborer et réaliser des des projets de vie et des programmes personnels,
3-C Défendre et affirmer ses droits, ses intérêts, ses limites et ses besoins.

Le rapport rappelle aussi que « le concept d’apprentissage tout au long de la vie part du principe que les compétences nécessaires dans la vie ne peuvent pas toutes être acquises pendant la formation initiale ». Ainsi, si les premières compétences clés (1-A à 2-B) peuvent être intégrées dans une formation initiale, les autres nécessitent une expérience et une maturité qui s’acquièrent petit à petit.

Tout cela me conforte dans la carte des bonnes pratiques qui correspond à une base pour la formation tout au long de la vie.

C’est avec toutes ces idées en tête que je me suis inscrit au FormaCamp à Lyon. Ce sera l’occasion d’approfondir cette réflexion et de la confronter à d’autres points de vue …

co-construire le savoir

Je lisais ce matin un article de Jean-Paul Pinte sur l’utilité de la veille pédagogique. Un paragraphe m’a particulièrement interpellé :

1 – La position de l’enseignant face aux TIC dans l’article

« Quant au Professeur, il n’aura plus d’ici 2010 ce rôle de transmetteur de connaissances et de « pontificateur » à quelques exceptions près de cours magistraux et séminaires se révélant toujours efficaces, mais plutôt celui de «facilitateur d’apprentissage» intervenant ici et là pour questionner, suggérer, tutorer, encourager et guider les étudiants dans leur recherche d’informations sur le Web par exemple… » (JP. Pinte)

Nous sommes actuellement en 2008 et globalement assez loin de la prédiction. Cependant, même si l’échéance de 2010 ne sera sans doute pas respectée, il me semble certain que l’on tend vers cette évolution du métier d’enseignant. Mais au fait, qu’est-ce que je fais, moi, dans cet esprit d' »enseignant facilitateur » ?

2 – Une mise en situation concrète

Je suis convaincu que l’enseignant doit former ses étudiants à s’auto-former. Dans cet esprit, une idée (lumineuse ?) m’est venue : le prochain cours doit être une présentation d’XML dans toutes les dimensions imaginables (application, normes, standards, principes, outils, logiciels, les langages XML, …). Pourquoi ne pas profiter de ces 2h30 pour appliquer ce beau principe ? J’envisage la séance en 3 temps (les durées sont indicatives et définies à priori) :

10′ de présentation des bases d’XML, langage à balise extensible.

1 h 40′ de recherche sur internet : les étudiants, en petits groupes, doivent repérer les informations qui leur semblent importantes ainsi que les sites où ils les ont trouvées, en découpant le sujet en différents thèmes, par exemple :

* Les solutions logicielles qui permettent de travailler sur et avec des documents XML
* Les langages XML (présentation d’une liste de langages définis et de leur utilisation)
* Les formats de syndication
* Les parseurs et leur intégration dans les outils de développement
* XML et les bases de données : concurrents ou complémentaires ?
* XML dans les suites ‘Office’

40′ de synthèse en construisant en groupe des cartes de connaissance du sujet à partir des fruits de leur recherche. Ces cartes doivent, in fine, être accessibles sur internet pour que chacun puisse les consulter.

3 – La position de l’enseignant pendant la séance

Je vois déjà poindre les remarques du style : « il fout rien le prof ! il pompe tout sur internet … ». C’est vrai que l’essentiel du contenu de mes cours est sur internet, ça n’est pas spécifique à cette séance … J’envisage la position de l’enseignant lors de ces deux phases comme suit :
avant la recherche :

* Il présente rapidement les bases du sujet nécessaire à la compréhension des documents que les étudiants devront rencontrer pendant leur recherche.
* Il définit différents axes de recherche
* Il compose des groupes d’étudiants (3 à 5 étudiant par groupe) qui travailleront conjointement sur un des axes définis
* Il incite les étudiants à s’organiser au sein de chaque groupe. L’organisation peut se faire d’abord en utilisant différents outils de recherche pour cerner les grandes lignes puis en découpant le domaine en sous-domaines.

pendant la recherche : Il « questionne, suggère, tutore, encourage et guide » les étudiants dans leur méthode de recherche.

pendant la synthèse : Il « questionne, suggère, tutore, encourage et guide » les étudiants dans leur analyse et exploitation des informations récoltées.

Même si le résultat est important (c’est quand même le contenu du cours qui est en jeu !), l’objectif premier porte plus sur l’apprentissage d’une méthode d’auto-formation. Il paraît indispensable dans cette otique de savoir trouver l’information là où elle est mais aussi de savoir l’analyser, l’exploiter et en tirer le meilleur.

La réalisation finale des cartes pourra se faire en utilisant l’un des logiciels suivants : mindmeister, mindomo, gliffy, bubbl, mind42 (nativement collaboratif), freemind ou autre. On peut envisager que chaque groupe teste un de ces logiciels …

le partage des lectures

Il me semble important de partager les richesses trouvées sur le web. C’est dans cet esprit que j’ai créé une page Lectures qui contient les articles les plus pertinents trouvés sur le web en lien avec les expériences présentées sur ce blog. J’espère que vous apprécierez et que vous en ferez bon usage.

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