Quand on compare un MOOC à un restaurant

On a tendance à décrier les MOOC pour leur taux très élevé d’abandon mais à partir du moment où la formation est ouverte, on donne le droit à chacun de s’inscrire, même si c’est juste pour voir !

J’ai déjà comparé un MOOC à plusieurs types d’événements, que ce soit un voyage, une fête des voisins ou une conférence. Je vous propose aujourd’hui de le comparer à un restaurant pour préciser et illustrer des éléments relatifs à la motivation des participants. Bon appétit !

1 – Le menu324px-Menu_des_années_1940

Les restaurateurs savent bien que le menu gastronomique n’est pas adapté à tous les clients, c’est pour cela qu’ils proposent plusieurs versions, et vont même parfois jusqu’à la formule ou au plat du jour. Si on compare avec un MOOC, Quelle formule ou plat du jour proposent-ils ?

Le MOOC Gestion de projet est bien dans cette logique en proposant plusieurs niveaux de certification qui correspondent à différents niveaux d’implication des participants, mais c’est un des rares dispositifs à rentrer dans cette logique, c’est peut-être une piste à creuser …

2 – Le coût

Une des caractéristiques d’un restaurant est le coût du repas que l’on mesure en euros. Pour un MOOC (comme pour tout apprentissage), le coût n’est pas financier, mais il se mesure en efforts réalisés et en temps passé : c’est bien là que chaque participant paie la facture ! On imagine bien que quelqu’un ne soit pas prêt à payer le prix fort pour découvrir un restaurant et préfère aller y boire une bière ou un café, juste pour voir comment ça se passe, le cadre, le service fourni, etc… Pour un MOOC, c’est exactement pareil : on peut ne pas être prêt à fournir beaucoup d’efforts et y consacrer le temps nécessaire mais juste avoir envie de voir comment ça se passe, sentir l’ambiance, peut-être y apercevoir une célébrité !

3 – La motivation

Il est important de savoir pourquoi les clients viennent : par faim, gourmandise, curiosité, … ? La question se pose de la même façon pour un MOOC : quelles peuvent être les différentes motivations. L’article d’Annie Jézégou rappelle différentes formes de motivation :

  • le plaisir : plaisir d’apprendre, de la relation sociale, des échanges, …
  • les valeurs ou convictions présentées ou défendues par la formation,
  • l’avantage identifié qui découle de la formation,
  • la contrainte.

Il pourrait être intéressant de demander ses motivations à chaque participant qui s’inscrit à un MOOC. Est-ce : par plaisir ? par rapport à ses convictions relatives au sujet abordé ? pour en tirer un avantage identifié ? par nécessité (pour ne pas dire par contrainte) ? ou juste pour voir ? Cette clarification permettrait de repérer les ‘vrai’ décrocheurs (ceux qui avaient une motivation identifiée et qui ne sont pas allé jusqu’au bout de la formation) et les ‘raccrochés’, qui venaient pour voir et finalement se sont laissés prendre au jeu et ont participé jusqu’au bout.

Cette clarification me semble intéressante, et je serai curieux de savoir si cela vous est déjà arrivé de vous inscrire à un MOOC pour voir et d’y rester finalement jusqu’à la fermeture …

Crédit photo : Menu de déjeuner du mardi 11 avril 1944 – domaine public

MOOC et tutorat

coffee MOOC
Il nous a semblé intéressant de réfléchir à un cas concret de tutorat dans les MOOC en partant du MOOC francophone ITyPA qui démarrera le 10 octobre prochain. Plutôt que de prendre le problème à l’envers et voir comment soutenir un groupe de participants, je vous propose d’analyser le problème en partant des objectifs que nous visons, à savoir : développer leurs compétences en TIC (veille, réseaux sociaux, collaboration à distance) et leurs compétences pédagogiques.

La première compétence (TIC) que nous cherchons à développer rejoint assez bien le programme du MOOC ITyPA. En parallèle, nous savons bien que la persévérance dans un MOOC est difficile : un accompagnement nous semble donc nécessaire afin d’aider les participants à ‘réussir leur parcours’. Ce nouveau parcours (ITyPA + accompagnement) conserve toute la richesse du MOOC d’origine avec en supplément, d’une part, un cadre rassurant pour les participants, et d’autre part, un outil riche à étudier.

L’accompagnement aura plusieurs objectifs :

  • soutenir la motivation,
  • aider les apprenants à évoluer dans le MOOC,
  • les aider à relire leur cheminement et évaluer leurs progrès,
  • relire l’organisation pédagogique mise en place.

1 – la motivation et l’aide à l’évolution dans le MOOC

Rolland Viau a défini 10 facteurs de motivation pour un apprenant, voyons comment ils s’intègrent dans un MOOC. Les activités proposées doivent être signifiantes, diversifiées, authentiques, interdisciplinaires, assez longues. Elles doivent aussi comporter des consignes claires, représenter un défi, exiger un engagement cognitif, responsabiliser l’apprenant et être source d’interaction et de collaboration.

Tous ces points sont importants. Le MOOC connectiviste, dans sa structure de type ‘joyeux bazar’, ne répond pas directement à plusieurs de ces aspects puisque c’est à l’apprenant de se prendre en main, de se fixer des objectifs et des tâches à réaliser. le soutien de la motivation me semble donc très lié à l’assistance pour évoluer dans le MOOC : Quels objectifs je me fixe ? Comment me repérer dans tous ces contenus ? Comment repérer les personnes qui ont des centres d’intérêts proches des miens ? etc… Ainsi, l’accompagnement pourra aider chacun à se fixer des objectifs réalisables mais qui nécessitent quand même un engagement. De même, il pourra aider à relier ce qui se passe dans le MOOC avec le contexte quotidien de l’apprenant, professionnel ou pas, ce qui permettra de mettre en avant le sens et l’authenticité des activités vécues.

2 – la relecture

L’analyse réflexive dans un tel dispositif me paraît très importante afin de tirer au maximum partie de ce qui se vit et de l’organisation pédagogique mie en œuvre. L’accompagnement devra développer cet aspect ‘métacognition’. C’est à ce prix que l’on pourra travailler des compétences de haut niveau comme ‘apprendre à collaborer’ ou ‘apprendre à apprendre’ et profiter d’ITyPA comme d’un tremplin vers le social learning. Une telle relecture devrait nous permettre de prendre conscience du rôle de l’accompagnement (qui peut s’apparenter à un tutorat), de la place relative des ressources, des activités et des productions dans un parcours de formation et de l’importance de la motivation et des interactions pour assurer une dynamique. On retombe sur le schéma pragmatique de Marcel Lebrun. Cela pourra aussi être l’occasion de réfléchir à ce qui se fait en présentiel et ce qui se fait à distance, ou entre les séances de regroupement.

pédagogie M.Lebrun2

modèle pragmatique de Marcel Lebrun

3 – Conclusion

En y regardant de plus près, un tel dispositif transforme un MOOC en une classe inversée. Et c’est peut-être pas une mauvaise idée, ça ! En plus, ça devrait pouvoir être transposable pour de nombreux MOOC et de nombreux publics. Et vous, qu’en pensez-vous ? Le tutorat dans les MOOC vous intéresse ? Nous aurons l’occasion d’en parler avec Jacques Rodet aux journées e-learning.

Crédit Photo #edcmooc Cuppa MOOC CC-By Cikgu Brian

Partager le plaisir d’apprendre

Université de Salamanque (XIIIè siècle)

Université de Salamanque (XIIIè siècle)

Je suis en train de lire « la révolution de l’amour » de Luc Ferry. Il y présente, entre autre, l’évolution de la société de l’antiquité à nos jours  en s’appuyant sur un exemple très concret : « Pourquoi des parents veulent que leur enfant apprenne à jouer du violon ? » (pp. 290-294 dans la collection j’ai lu). Cette question permet de soulever les motivations que l’on peut avoir pour apprendre. Il présente trois grandes approches qui correspondent à trois motivations très différentes. Cette analyse m’a beaucoup intéressé et me semble très pertinente pour analyser la position de l’école dans la société.

1 – L’approche aristocratique

On apprend à jouer du violon pour être le meilleur, devenir concertiste. C’est une approche très élitiste de l’enseignement qui s’inscrit dans une dynamique de compétition, basée sur les talents et où « la vertu se définit d’abord et avant tout en terme d’excellence ». On peut critiquer l’approche mais elle existe et elle convient à certaines personnes. Les grandes écoles avec leurs concours et classes préparatoires me semblent les exemples les plus significatifs de cette approche dans notre système éducatif.

2 – L’approche républicaine

On apprend à jouer du violon parce que c’est formateur. « Ce qui compte ici, c’est la culture au sens le plus fort […], la formation de soi par le travail qui vous transforme et vous façonne, qui vous humanise et vous conduit à être, au final, autre que vous n’étiez au départ… [Ce travail] s’inscrit aussi dans un cadre social, plus ou moins collectif où l’enfant fera des rencontres qui peuvent l’enrichir par la suite. » On retrouve bien l’école actuelle avec ses devoirs, ses progressions et son rôle socialisant.

3 – L’approche ‘authentique’

On apprend à jouer du violon pour se faire plaisir, s’épanouir, se réaliser, s’éclater … Le violon est une proposition et l’enfant peut choisir de ‘mordre’ ou pas. D’emblée, la porte du renoncement est ouverte. L’enfant est libre de s’investir, rien ne lui est imposé par ses parents. L’école ne s’inscrit pas dans cette vision, mais certains élèves ou étudiants sont complètement dans ce schéma …

4 – Discussion

En tant qu’enseignant, on est de plus en plus confronté à ces jeunes qui viennent en ‘consommateur’, démotivés, qui se complaisent dans l’approche authentique. Faut-il pour autant que l’école sorte de son approche de l’effort et du mérite qui fonde la construction de la personne sur le travail ? Je ne crois pas. Par contre, il y a un gros travail à faire pour aider les jeunes à prendre conscience que l’on peut se faire plaisir en travaillant, que cela peut apporter un certain épanouissement. Nous devons alors travailler dans deux directions :

  • Motiver les jeunes à s’impliquer dans leur formation. Plusieurs modèles de motivation existent, Rolland Viau en propose un qui me semble assez clair et fonctionnel.
  • Les aider à percevoir qu’ils progressent, s’épanouissent et prennent du plaisir. Cela se rapproche de l’auto-éfficacité de Bandura (qui correspond à la conscience de sa compétence).

Ces deux points sont étroitement liés puisqu’ils se nourrissent et se répondent mutuellement. Encore faut-il que l’enseignant les intègre à sa pédagogie (voir Collaboration et analyse réflexive : des sources de motivation).

Si les élèves ne travaillent plus autant, qu’ils ne sont pas motivés, ils n’en sont pas forcément complètement responsables. La société que nous leur construisons va dans ce sens et nous y vivons très bien. Les enseignants doivent donc  relever ce passionnant défi : partager le plaisir d’apprendre.

Beau programme !

Crédit photo : CC BY Pablo Sanchez, Fray Luis de León’s  classroom in Salamanca university (XIII century) http://www.flickr.com/photos/pablosanchez/1016242147/lightbox/

Vers un développement des compétences

knowledgeLes formations ne peuvent plus se limiter à demander aux apprenants d’accumuler des savoirs, elles doivent aussi leur demander d’exploiter ces savoirs pour développer des compétences. En s’appuyant sur la définition de compétence de Le Boterf, on peut définir quelques pistes pour faire évoluer nos formations … Et si la pédagogie ouverte était un élément de réponse pertinent à ces questions ?

Cela fait quelques temps que je tombe sur  des affirmations du type « The world only cares, and will only pay for, what you can do with what you know » (Thomas Friedman dans le NY Times) et je pense que c’est très vrai (et peut-être même de plus en plus vrai). Soit ! Mais quel impact cela peut-il avoir sur nos formations ?

Cela implique un changement de paradigme de l’enseignement : passer de la transmission de savoirs à un développement de compétences.

Dans son livre Construire les compétences individuelles et collectives, Guy Le Boterf définit les compétences comme suit :

« Les compétences peuvent être considérées comme une résultante de trois facteurs :

  • le savoir agir qui suppose de savoir combiner et mobiliser des ressources pertinentes (connaissances, savoir-faire, réseaux, …) ;
  • le vouloir agir qui se réfère à la motivation personnelle de l’individu et au contexte plus ou moins incitatif dans lequel il intervient ;
  • le pouvoir agir qui renvoie à l’existence d’un contexte, d’une organisation du travail, de choix de management, de conditions sociales qui rendent possibles et légitimes la prise de responsabilité et la prise de risque de l’individu. »

Nous avons ainsi dans nos formations le devoir de créer des situations favorisant le pouvoir-agir et le vouloir-agir de nos étudiants afin de développer leur savoir-agir. Cela implique de se poser des questions sur :

  • le contexte que nous pouvons créer : l’ambiance de travail, l’organisation pédagogique et technologique, …
  • le choix de management : quelle relation entretenons-nous avec les apprenants ? Dans quelle mesure ont-ils une part de liberté ou d’autonomie ? Quel droit de regard ont-ils sur le dispositif de formation ?
  • la motivation des étudiants : qu’est-ce que je fais pour motiver les étudiants ? Rolland Viau propose des pistes riches à ce sujet (La motivation des étudiants à l’université : mieux comprendre pour mieux agir – Conférence non publiée, Université de Liège – 2006)

De plus, il me semble essentiel de valoriser la production des apprenants afin de nourrir leur sentiment d’efficacité personnelle (cf. Maïlys Rondier A. Bandura, Auto-efficacité. Le sentiment d’efficacité personnelle), moteur de leur motivation.

Il est aussi important  de les faire réfléchir sur la transférabilité des compétences qu’ils développent. Ce travail doit alors se faire en deux temps :

  1. Quelles compétences ont été mises en œuvre pour réaliser cette production ? (il n’est pas sûr que ce soit exactement les compétences visées par l’enseignant et annoncées dans le syllabus)
  2. Dans quelles situations (ou familles de situations) pourrais-je utiliser ces compétences ?

Ce travail d’analyse réflexive me paraît important afin que, tout au long de la formation, les étudiants prennent conscience de leurs progrès et du développement de leur employabilité … Dans cette optique, une auto-évaluation peut être aussi riche (voire même plus riche) qu’une évaluation par l’enseignant.

La pédagogie ouverte (présentée ici à partir d’un exemple) peut être une approche pour construire de tels dispositifs.

pédagogie ouverte

pédagogie ouverte

  • Le pôle coopération tient du contexte et de l’organisation de la formation. Il apporte du sens, des liens entre les enseignements et des interactions, aussi bien entre apprenants qu’avec des personnes extérieures : ce sont de gros facteurs de motivation.
  • Le pôle transparence, par l’utilisation de syllabus et d’analyse réflexive pour montrer le processus d’apprentissage, permet de développer l’auto-éfficacité des apprenants.
  • Le pôle participation impacte directement le management de la formation et la relation entre l’équipe enseignante et les apprenants.

Et vous, quelle(s) démarche(s) adoptez-vous pour développer les compétences des apprenants ?

Crédit photo Knowledge CC-by ofbeaton

Dis ! C’est quoi un classe-MOOC ?

Voilà une bonne question !open window

Un classe-MOOC c’est la rencontre entre la classe,en tant qu’ensemble d’étudiants-élèves-apprenants regroupés physiquement en un lieu, et un MOOC. Et dans cette rencontre, le MOOC ouvre la classe sur le monde.

– Et alors, la classe pour toi, c’est quoi ?

C’est un endroit où l’apprenant (appelons-le ainsi) apprend. Et comme le dit Philippe Carré « on apprend toujours seul mais jamais sans les autres ». Je vois donc l’organisation de la classe comme cela :

  • Les étudiants collaborent localement (Partager, Communiquer, Collaborer).
  • Ils travaillent dans un contexte disciplinaire, interdisciplinaire ou pluridisciplinaire (Analyser, Créer, Réaliser, Construire, Chercher, Concevoir).
  • Une phase de structuration des connaissances permet de faire ressortir les points essentiels, aussi bien disciplinaires que méthodologiques ou relationnels. Cette étape peut se dérouler seul, en groupe ou en classe entière Comprendre, Conserver, Archiver, Structurer).
  • Les productions sont ré-exploitées, partagées, publiées (Exploiter, Partager, Communiquer).

C’est une vision du modèle centré sur les apprenants que j’ai déjà présentée ici par exemple et voici une représentation graphique de cette organisation :

Modèle centré sur les apprenants

– Et un MOOC, c’est quoi ?

La meilleure explication que je peux te proposer est une petite vidéo (4’27), en anglais, mais elle se comprend bien grâce aux illustrations explicites …

– Mais comment faire le lien entre une classe et un MOOC ? Ça n’a rien à voir !

Effectivement, ça n’a rien à voir. Et c’est justement cette différence, qui est en fait une complémentarité, qui est intéressante. Regarde : Le dernier aspect que nous avons vu sur la classe, c’est que les productions sont publiées, partagées et ré-exploitées. Qui te dit que cette ré-exploitation doit se faire uniquement dans la classe, par les mêmes apprenants ? Si plusieurs classes travaillent, en même temps, sur le même thème, il y a de fortes chances que tout le monde trouve son intérêt à partager son travail pour profiter du regard des autres et générer ainsi des interactions beaucoup plus larges et plus riches que si on se limite à une réflexion interne à la classe.

D’un autre côté, il est possible de faire intervenir simplement des acteurs professionnels qui connaissent bien le thème abordé. Leur participation peut être une petite vidéo, une interview, un (ou plusieurs) article(s) de blog, voire même juste un commentaire de-ci de-là. De toutes petites interactions peuvent apporter une grande richesse sur le contenu produit par les apprenants et soutenir la motivation de chacun durant toute la durée du travail. L’organisation d’un classe-MOOC permet de mutualiser ces interactions et d’en multiplier l’effet. Ça n’est plus une personne qui s’adresse à une classe mais à un ensemble de classes qui sont toutes concernées.

En fait le MOOC offre une occasion d’ouvrir la classe sur le monde !

– Pourquoi ne pas faire un MOOC directement ?

C’est vrai que ça serait plus dans la lignée de ce qui se développe actuellement. Mais je ne crois pas que tous les apprenants ont les compétences de bases requises pour s’engager seul dans un MOOC. Il est donc important de les accompagner, de les soutenir pour qu’ils puissent en tirer un profit optimum. La classe est un contexte connu et rassurant dans lequel la majorité des apprenants ont leurs repères. Les enseignants peuvent jouer ce rôle d’accompagnateur, de soutien : c’est peut-être une nouvelle posture pour beaucoup mais elle est très riche et porte beaucoup de fruits.

– En fait, c’est un peu un MOOC adouci, ou initiatique …

Tout à fait ! Il est adouci parce que le contexte est stabilisant et initiatique parce que l’ampleur des interactions est toute autre. mais je crois que c’est surtout pour l’enseignant que ce sera une initiation. Comme je te le disais,  c’est une nouvelle façon de travailler et une nouvelle relation avec les apprenants : ça fait beaucoup de changements ! Mais aussi beaucoup de plaisir ! Et c’est ce qui me semble essentiel : prendre conscience que l’on prend du plaisir à apprendre et travailler … ensemble …

– Ça me tente bien ton classe-MOOC, ça commence quand ?

Pour l’instant, on prévoit de vivre ça pendant une semaine, à temps plein, durant le mois de septembre. on est en train de voir avec des enseignants d’autres institutions toute l’organisation pratique mais ne t’en fais pas, dès que tout sera ficelé, je te tiendrais au courant !

Crédit photo : Open window CC By andyarthur

Pour 2013 ? du talent et de l’enthousiasme !

C’est la nouvelle année et donc l’occasion de formuler des vœux :

Je vous souhaite beaucoup de bonheur !

C’est clair, concis, mais comment cela peut-il se concrétiser dans un contexte professionnel ? Pour y répondre, je vais m’appuyer sur trois articles lus ces derniers mois : je vous propose ainsi de vous faire plaisir et de développer vos talents. Vaste programme …

1 – Le travail, le talent et le génie

Le premier article (de Eric Segonds) rapporte une conférence de Jacques Weber (le comédien réalisateur) où il propose une distinction entre génie et talent : le génie est inné alors que le talent est le fruit d’un travail rigoureux. Mais le comédien précise que plus on travaille, plus on libère son(ses) talent(s). Ainsi présenté, le travail apporte une certaine liberté, une ouverture, et ce point de vue me semble intéressant …

2 – Enjoy !

Ce petit enjoy (qui signifie littéralement ‘prends du plaisir’), est remplacé en français par un ‘bon courage’ bien pessimiste. C’est à mon avis très significatif de notre vision quelque peu ‘tristounette’ du monde, et du travail … Nathalie Monsaint-Baudry propose de changer notre point de vue, de décider que la journée sera bonne, de changer de langage en utilisant des formes actives, volontaires et enthousiastes. Pourquoi ne pas en faire une résolution pour cette nouvelle année ?

3 – La reconnaissance

Enfin, je viens de lire un article de Christophe Dejours sur la reconnaissance au travail. Il y dit que la reconnaissance est une rétribution attendue par l’employé en échange de sa contribution. Cette reconnaissance peut prendre trois formes :

  • l’utilité : ce que je fais est utile, que ce soit pour mes supérieurs ou mes subordonnés.
  • le respect des règles de l’art : mon travail est bien fait, il est reconnu par mes pairs.
  • l’originalité : mon travail me rend unique.

Cette reconnaissance est sans doute une bonne part du bonheur qui vient de notre activité professionnelle et je pense qu’elle s’appuie sur notre enthousiasme, nos talents, et donc notre travail …

happy new year 2013 CC BY-SA-NC ell brown

happy new year 2013 CC BY-SA-NC ell brown

FOAD et formation professionnelle : quelques réflexions …

Quand on parle de FOAD pour la formation professionnelle, on peut aborder le sujet selon plusieurs axes qui sont chacun en pleine mutation. La pédagogie ouverte paraît être une proposition crédible pour favoriser une formation tout au long de la vie dans notre monde hyperconnecté.

1 – l’axe présence / distance

Le monde évolue entre autre avec le développement des technologies de communication (smartphone, internet, internet des objets, nouvelles interfaces, …) Toutes ces évolutions tendent à effacer les distances. La question devient alors « Comment enseigner et apprendre dans un monde hyperconnecté ? » C’est, à mon avis, dans ce contexte que doit se penser l’intégration  des TICE, quelle que soit la formation développée. Il n’y a plus forcément lieu de différencier la présence ou la distance puisque même des institutions se posent la question de l’importance de la présence en cours.

2 – l’axe formation initiale / formation continue

Cette dichotomie s’efface de plus en plus et se dissout dans la « formation tout au long de la vie » où la formation initiale pose les bases d’une apprenance en continu. Il faut intégrer que durant la vie professionnelle, la formation ne se limite pas à une succession de périodes de stage. Le modèle 70-20-10 présente une approche où la formation formelle ne représente que 10% des apprentissages. Les 90% restants se faisant en situation de travail par des discussions, des échanges entre pairs, une réflexion sur ses méthodes, etc… L’apprentissage se fait alors aussi bien DANS l’action (apprentissage par la pratique) que PAR l’action (relecture, debriefing d’une expérience). Un des objectifs de toute formation doit donc être de faciliter cet « apprentissage ambiant » en créant des conditions optimales pour favoriser l’apprentissage dans toutes les situations. De plus, il me semble essentiel de considérer que l’apprentissage fait partie intégrante du travail, quel qu’il soit …

3 – Et comment faire alors ?

pédagogie ouverte

pédagogie ouverte

Dans cette perspective d’un continuum de la formation dans un monde hyperconnecté, il me semble que la Pédagogie Ouverte a toute sa place :

a) Elle est orientée vers la motivation des apprenants en proposant une certaine liberté d’organisation du travail, des défis à relever, en présentant clairement les objectifs et les moyens mis en œuvre, en utilisant des ressources multimédia variées.

b) Elle est orientée vers le développement des compétences clés car basée sur :

  • l’analyse réflexive pour apprendre DANS et PAR l’action,
  • l’utilisation des technologies,
  • la coopération et le travail en équipe,
  • la mise en projet de la personne par rapport à sa formation.

4 – Cela n’a-t-il pas quelques contraintes ?

Cette évolution peut être envisagée comme une révolution, qui ne peut s’engager que si la structure est capable de se remettre en question. En effet, la transparence prônée implique une exemplarité de l’organisme à tous les niveaux. Ainsi, les formateurs doivent eux-aussi entrer dans un cheminement d’apprentissage tout au long de la vie afin de maîtriser les démarches et leviers de l’approche …

Le chemin semble long, peut-être semé d’embuches, mais je crois que le jeu en vaut la chandelle, non ?

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