Soutenir les apprenants dans une formation en ligne

Je suis tombé hier sur une vidéo très intéressante qui présentait de façon ludique les conclusions d’un article de recherche sur les difficultés rencontrées par les participants à un MOOC ainsi que les stratégies mises en œuvre pour les surmonter. Les 2 principales difficultés sont récurrentes : gestion du temps et difficultés cognitives. Ces conclusions ne se limitent pas aux MOOC mais sont généralisables à toute formation à distance, et méritent donc d’être partagées largement …

Les deux principales difficultés rencontrées sont la gestion du temps et les exigences cognitives exigées par le contenu présenté. Rien de bien nouveau sous le soleil, me direz-vous ! Et vous avez raison. Cependant, les stratégies développées par les apprenants consultés sont intéressantes et méritent d’être approfondie.

1 – Prendre des notes pendant qu’on regarde une vidéo

Cette première stratégie impacte tout l’environnement d’apprentissage : il faut prévoir des temps dans un endroit où cela est possible. Cela fait écho à l’analyse que je faisais de mon espace personnel d’apprentissage en 2013 qui mixe online et offline.

Mon EAP en 2013

Mon EAP en 2013

Ces temps d’appropriation, d’analyse, de création de lien sont essentiels. les auteurs proposent de mettre à disposition des apprenants la transcription de chaque vidéo. Cette proposition est intéressante mais je ne suis pas convaincu qu’elle réponde à tous les besoins. On sait bien qu’un pdf en ligne n’est pas suffisant pour apprendre ! Le passage par la vidéo permet de ‘forcer’ cette prise de note qui est structurante et facilite la création de lien entre les différents concepts.

Peut-être pourrait-on aussi proposer une méthodologie de prise de note intégrant aussi une présentation des cartes mentales pour faciliter cette appropriation.

2 – Rechercher des ressources complémentaires

L’étude rapporte que wikipedia et Google sont les deux outils de référence utilisés pour compléter les ressources fournies dans le cadre des MOOC étudiés. Ainsi il paraît intéressant de proposer un syllabus qui liste des ressources complémentaires intéressantes que l’on pourrait classer en 2 catégories : consolider les bases et pour aller plus loin. Ces ressources complémentaires ne se limitent pas forcément à des articles de recherche ou des livres : proposer des personnes à suivre ou des groupes actifs sur les réseaux sociaux numériques me semble tout aussi important, surtout lorsque l’actualité autour du sujet d’étude est riche.

Ce syllabus n’interdit pas de travailler l’ergonomie de l’espace de formation pour faciliter le repérage des participants. Il peut être intéressant de proposer plusieurs trajets pour découvrir un même sujet. Le principe même de liens hypertextes nous le permet : utilisons-le ! Retravailler l’ergonomie peut ainsi permettre de retravailler toute l’approche pédagogique et sortir d’un déroulé linéaire lénifiant (cf. MOOC : cours en ligne ou cours en rond ? de C. Vaufrey). Cela peut se matérialiser, dans un premier temps, par une cartographie des ressources présentes et/ou l’usage de logos évocateurs pour mettre en valeur un élément particulier.

3 – Organiser des rencontres Online et/ou Offline

Rompre l’isolement est essentiel pour soutenir la motivation de chacun et maintenir une certaine dynamique collective. Est-ce de la responsabilité du pourvoyeur de formation de le faciliter ? Je le pense, quelques éléments peuvent facilement être apportés par la formation (du plus simple au plus exigent) :

  • Proposer une carte renseignée par les participant (par exemple en utilisant uMap) pour indiquer d’où chacun suit le cours facilitera les rencontres IRL.
  • Un guide rapide de prise en main d’outil de webconférence (hangout, skype, appear.in, hello ou autre …) qui permettra de lever un frein technologique.
  • La mise en place de rencontres sur un réseau social à heure fixe est un événement intéressant pour créer une communauté d’apprenants. A une époque, je suivais toutes les semaines un ClavEd qui permettait d’échanger pendant une heure, via twitter, avec les personnes présentes, sur le sujet du jour. Un animateur avaient préparé le sujet et proposait 3 ou 4 questions pour soutenir les échanges.

Cet aspect ‘social’ de la formation reprend bien l’espace personnel d’apprentissage schématisé ci-dessus : mon réseau est réparti avec une partie en ligne et une autre hors ligne.

4 – Faire une pause ou arrêter

Cette dernière stratégie tient plus de la protection : pour éviter la surcharge, mieux vaut prendre un peu de recul ! Cette stratégie est tout à fait légitime. Cependant, en tant qu’organisateur de formation, je trouverais dommage de me reposer sur cette solution sans avoir travaillé sérieusement les 3 précédentes.

5 – Bonus

Voilà, on a fait le tour des recommandations présentées mais j’ai encore quelques réflexions à vous partager …

Ces différents points présentés n’abordent que très peu la gestion du temps. Il est pourtant important de soutenir les participants aussi dans cette dimension. Ainsi, proposer un planning type de la semaine en précisant une estimation du temps à consacrer à chaque activité (visionner 3 fois chaque vidéo de façon espacée : 3 x 6′ = 20′ par vidéo, lire les documents proposés : 1h30′, répondre à la question hebdomadaire sur le forum : 20′, etc …). Ces indications faciliteront l’investissement de chacun dans la formation. Il peut aussi être utile de préciser ce qui est synchrone et comment accéder aux traces si on n’a pas pu y participer : storify du chat sur twitter, enregistrement du hangout, etc…

Ces réflexions sont complètement en phase avec la pédagogie ouverte : expliquer par l’image, proposer un syllabus, organiser des partenariats, autant de points qui y sont aussi présents …

pédagogie ouverte

pédagogie ouverte

Pour finir, je trouve tout à fait pertinent de présenter les résultats d’un article de recherche dans une telle vidéo. Cela permet d’en avoir un extract pertinent en quelques minutes : bravo à leurs auteurs ! Voici le lien vers l’article de référence (en anglais)

PS : Vu mon rythme de publication, je me permets de vous souhaiter de  bonnes vacances à tous ! 😉 en attendant de vous retrouver en septembre.

Accueillir des publics variés : et si c’était une chance ?

Les établissements de formation qu’ils soient scolaires ou universitaires sont de plus en plus confrontés à une variété de publics. Dans ce contexte, nous essayons de voir, au niveau de l’académie de Dijon, comment faciliter cette évolution et comment accompagner les équipes concernées.

1 – Variété de publics, de quoi parle-t-on ?

En effet, il est d’abord essentiel de préciser ce que recouvre cette variété. Elle peut se limiter à une variété de statuts (élèves ou étudiants, apprentis, stagiaires de la formation continue), mais peut aussi englober des réalités sociales plus larges : primo-arrivants, élèves ou étudiants issus d’une réorientation ou d’une équivalence grâce aux multiples passerelles maintenant possibles à tous les niveaux ou les personnes en situation de handicap. Au niveau de l’académie de Dijon, nous nous sommes concentrés, pour l’instant, sur la mixité de statuts et proposons un premier guide qui en présente les différentes facettes.

D’autres institutions sont dans une même démarche, M. Lebrun présente ainsi les évolutions à l’Université Catholique de Louvain « L’université propose des parcours à la carte, en décloisonnant les disciplines. Tout individu (quelque soit son âge et son parcours de vie) peut venir y chercher une formation courte ou plus longue correspondant à son besoin : “la bonne formation au bon moment”, et ceci tout au long de la vie ».

2 – Quels choix pédagogiques ?

Quel que soit le périmètre pris en considération, il faut innover pour proposer une organisation et une pédagogie adaptées à cette variété des publics. Comme le dit P. Meirieu, « l’innovation n’est pas d’abord une question de technique, de savoir-faire, c’est d’abord une question d’adhésion à des valeurs ».

Nous pouvons présenter les choix pédagogiques bourguignons selon trois axes :

  • Donner du sens aux apprentissages : c’est un élément fondamental pour motiver les différents publics. Ce sens passe par une explicitation de la cohérence entre les différentes disciplines et du lien entre savoirs, savoir-faire et savoir-être et la notion même compétence.
  • Orienter les formations vers le développement de compétences : ce deuxième aspect est essentiel pour répondre aux attentes de tous les publics. Les compétences se développent tout au long de la vie, dans la variété des situations rencontrées et les temps de formation sont là pour aider à conscientiser ces apprentissages et les faciliter.
  • Passer du défi de l’hétérogénéité à l’opportunité de la diversité : cela signifie que l’on passe d’un modèle simultané (où tous les apprenants suivent le même cursus) à un modèle mutuel (où l’apprentissage se construit de façon collaborative avec un enseignant qui est une ressource parmi d’autres).

Ces axes nous ont poussés, depuis plusieurs années, à organiser nos formations à partir de mises en situations se rapprochant le plus possible de situations réelles. On peut repérer 5 familles de mises en situation :

  • l’expérience antérieure : elle peut être professionnelle pour tous les stagiaires de la formation continue et  il est alors essentiel de la prendre en compte. Elle peut aussi être associative et est tout aussi valorisable (pôle emploi et l’association fondaction du football ont ainsi développé un guide « Comment valoriser vos activités sportives bénévoles dans le cadre de votre recherche d’emploi ? »)
  • les périodes en entreprises : que ce soit sous forme de stage, de période de formation en milieu professionnel ou d’alternance. La difficulté est alors de suivre l’évolution des compétences de l’apprenant dans ce contexte professionnel que l’organisme de formation ne maîtrise pas. Un gros travail doit être mené, tout au long de ces périodes, pour cadrer les missions de l’apprenant, repérer les activités réalisées et les apprentissages développés.
  • les entreprises d’entraînement pédagogiques : ces entreprises virtuelles sont  utilisées comme lieux de formation pratique pour plonger des apprenants dans un contexte professionnel réel. Ces entreprises sont coordonnées en réseau au niveau français et international.
  • les mises en situations didactiseés : au travers d’un scénario réaliste, les apprenants doivent réaliser des missions de difficulté croissante en utilisant des supports variés. Le réseau des GRETA de Bourgogne collabore avec les Editions Piriac pour développer des coffrets pour travailler les compétences transversales et préparer la certification CléA.
  • Les projets ou problèmes : qui sont des approches pédagogiques permettant de recréer des situations proches d’un contexte professionnel et permettent d’aborder différentes phases du cycle de vie d’un produit commercialisable.

Cycle de vie d'un projet vs. méthode pédagogique

3 – Quelle concrétisation ?

L’approche pédagogique proposée est donc de multiplier les mises en situation pour aider chaque apprenant à développer ses compétences. La démarche proposée se passe en plusieurs étapes :

  1. Réalisation de la mise en situation
  2. Analyse personnelle et/ou collective qui peut se dérouler à la fin de la mise en situation mais aussi ‘au fil de l’eau’, pour être toujours en cohérence avec la démarche d’apprentissage. Elle permet de:
    • relire la situation, son contexte et les paramètres importants,
    • repérer les difficultés rencontrées,
    • présenter les stratégies envisageables et celle qui a été finalement choisie,
    • évaluer la démarche mise en œuvre, ce qui permettra de repérer les pistes d’amélioration,
    • repérer les compétences développées, qu’elles soient transversales ou spécifiques.
  3. Apports spécifiques qui peuvent être fait par l’enseignant-formateur ou en utilisant des ressources existantes,
  4. Remédiation pour faciliter l’appropriation des notions qui ne sont pas encore bien assimilées.

Cette approche renverse le problème de l’intégration de publics alternants dans une section de formation initiale par voie scolaire en se focalisant sur les compétences. En effet, elle vise la professionnalisation des élèves par la voie scolaire autant que les alternants plutôt que la synchronisation du rythme des alternants sur le rythme scolaires. Si ce point de vue peut être critiquable pour des publics de niveau IV et V, je suis convaincu (pour l’avoir vécu et relaté tout au long de ce blog) qu’il est adapté pour les niveaux III et plus.

Graphiquement, cette vision peut se présenter comme suit :

mises en situation et compétences

Cette démarche nécessite un investissement non négligeable des enseignants et il nous a semblé important de proposer un accompagnement pour les équipes pédagogiques intégrant des apprentis ou des stagiaires de la formation continue pour les aider à avancer dans cette direction. Nous avons donc rédigé un deuxième guide accompagner une équipe confrontée à une mixité de publics qui propose 5 axes pour avancer :

  • Les partenaires,
  • L’organisation pédagogique,
  • Le suivi des activités réalisées,
  • La personnalisation du parcours et la remédiation,
  • L’impact de l’alternance sur les autres élèves de la section.

Ce document pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses ! Les contextes sont tellement spécifiques d’un établissement à l’autre, d’un secteur d’activité à l’autre, qu’il nous semble plus pertinent d’adopter la même démarche que celle proposée aux apprenants.

Ces éléments vous interpellent ? N’hésitez pas à réagir ! Ils vous motivent ? utilisez les ressources proposées et racontez-nous vos retours !

Pédagogie ouverte et triangle de Houssaye

J’ai cherché à voir quels liens on pouvait trouver entre la pédagogie ouverte et le triangle de Houssaye. Il me semble que l’on peut placer les sommet de l’un entre les lobes de l’autre. L’enseignant se retrouve ainsi entre transparence et la participation, l’étudiant entre la participation et la coopération et le savoir entre la coopération et la transparence. Voyons ce que cela implique sur les différents processus définis par Houssaye.

pédagogie ouverte et triangle de Housaye

pédagogie ouverte et triangle de Housaye

1 – Enseigner

Ce processus  est associé à la transparence de la pédagogie ouverte. Le savoir étant déjà distribué et accessible sur internet, il paraît caduque de poser une quelconque licence sur ses productions pédagogiques, il est ainsi préférable de partager avec la communauté dans une dynamique d’amélioration continue. De même, pourquoi ne pas utiliser toutes ces ressources accessibles (par exemple des vidéos) pour enseigner. Mais si tout est disponible, quel est l’objectif de l’acte d’enseigner ? aider l’étudiant à s’approprier des connaissances, à faire des liens entre ces nouveaux apprentissages et ce qu’il connaît déjà (d’où l’intérêt de faire construire des cartes mentales ou des cartes de concepts) et comprendre les différents processus mis en œuvre pour apprendre (d’où l’importance de l’analyse réflexive).

2 – Former

La relation entre l’enseignant et les apprenants est ici très axées dans une dimension ‘participative’ qui est un des axes essentiels de développement de nos sociétés : communautés de pratiques, d’apprentissage, démocratie participative, wirearchie, … autant de concepts qui se développent et auxquels il faut sensibiliser et former nos étudiants/élèves/apprenants pour qu’ils soient de véritables acteurs de la société. C’est pour cela qu’il me semble essentiel de leur laisser des choix qu’ils doivent apprendre à assumer, leur proposer de participer, dans une certaine mesure, à la construction de la formation par exemple en évaluant la formation ‘en continu’. L’objectif est ainsi d’éveiller les citoyens

3 – Apprendre

Cette association du processus apprendre avec la coopération est critiquable parce que restrictif. Cependant, la Coopération/Collaboration se retrouve en tête de nombreux référentiels de compétences à maîtriser au XXIème siècle accompagnée par la Créativité, la Communication et l’esprit Critique (pour former les 4C). Le développement de toutes ces compétences de haut niveau dépend des activités proposées et des productions attendues. Ainsi, les élèves du collège de Staël a Paris ont pu travailler toutes ces compétences lors d’un projet artistique autour du lycée idéal, avec la réalisation d’une œuvre, l’animation d’un blog, la réalisation d’un film et la communication autour de ce projet.

4 – Prise de recul

L’approche collaborative induit l’adjonction d’un nouveau pôle au triangle d’origine : le groupe, ce qui permet de construire un tétraèdre. On entre alors dans une oscillation entre deux pôles : apprendre à collaborer et collaborer pour apprendre. Ce contexte collaboratif est ainsi un terreau fertile pour développer les compétences transversales (comme présenté ici).

Le triangle de Houssaye a été critiqué par son manque de contextualisation, la pédagogie ouverte offre la possibilité d’instancier (d’incarner ?) ce modèle dans notre monde du XXIème siècle où Internet est omniprésent et où l’on forme à des métiers qui n’existent pas encore …

On peut essayer de résumer ce schéma en prônant un enseignement transparent pour des formations participatives, structurées autour d’apprentissages collaboratifs.

Peut-être avez-vous des réactions ou des critiques relatives à ces réflexions, n’hésitez pas à vous manifester : c’est ensemble que nous progresserons …

Pourquoi je n’enseigne pas comme j’apprends ?

J’ai récemment fait le point sur ma démarche d’apprentissage en réalisant un schéma dans le cadre d’ITyPA2 et je constate qu’il apparaît, dans une première approche, assez éloigné de la pédagogie ouverte que je prône comme démarche pédagogique. Il me semble utile de se pencher sur cet écart pour l’identifier, l’analyser et le comprendre.

1 – Comment j’apprends ?

Mon apprentissage (détaillé ici) s’organise en trois temps :

  1. repérage des informations ou situations qui méritent d’être creusées,
  2. analyse, approfondissement, confrontation à mes connaissances du moment,
  3. formalisation.

Une fois appropriés et formalisés, je partage à mon réseau ces nouveaux apprentissages  (parce que cela les intéresse peut-être …)

J’ai représenté cette démarche comme suit :

Mon EAP en 2013

Mon EAP en 2013

Si l’on décortique cette approche à partir du modèle pragmatique de Marcel Lebrun, on peut faire l’analyse suivante

  • Les informations viennent de mon réseau, de mes pratiques ou de mes lectures
  • L’activité consiste à analyser cela pour le mettre en perspective avec ce que je maîtrise déjà. Ces nouveaux liens facilitent la mémorisation.
  • La production est sous vos yeux, c’est ce blog !
  • Les interactions sont régulières avec mon réseau : je me nourris de ce que mes ‘proches’ me partagent, j’écoute leurs remarques et critiques sur mes idées et j’apporte, de temps en temps, mon point de vue à leurs réflexions.
  • La motivation, je l’ai ! Elle est intrinsèque. J’aime apprendre et comprendre comment aider à apprendre !

2 – Comment j’enseigne ?

Je suis convaincu que la pédagogie ouverte (présentée ici à partir d’un exemple) est une possibilité intéressante pour développer des compétences de haut niveau et impliquer les apprenants.

pédagogie ouverte

pédagogie ouverte

Si l’on reprend la même grille d’analyse, on retrouve :

  • Les informations sont sous licences libres, sélectionnées par l’enseignant, accessibles à tout le monde et de partout.
  • L’activité est variée : projet, problème, étude de cas, enquête …
  • Les productions sont tout aussi variées, elles peuvent exploiter  les possibilités des TIC (vidéo, carte mentale, blog, wiki,…) ou être des produits finis dont la plus-value est reconnue par les apprenants.
  • Les interactions se passent dans les groupes de travail, dans la classe mais aussi avec le reste du monde. C’est pour cela que la pédagogie ouverte met en avant les partenariats et envisage l’utilisation des réseaux sociaux …
  • La motivation est développée en montrant les processus d’apprentissage (pour donner du sens), en proposant des travaux de groupe et en impliquant les apprenants dans la formation en leur offrant des choix.

3 – Comparaison

Si l’on compare les deux approches, un premier aspect saute aux yeux. Si je suis personnellement motivé pour apprendre (de façon implicite), je dois susciter cette motivation (explicite) chez les étudiants en jouant sur les leviers repérés (sens et valeur des tâches proposées, challenge des apprenants, liberté de choix et responsabilisation dans la formation).

Un deuxième aspect ressort mais de façon plus discrète : un apprenant n’a  pas spontanément toutes les compétences nécessaires pour apprendre en autonomie et diriger sa formation. Le dossier sur les compétences du 21è siècle de l’observatoire compétences-emplois analyse plusieurs grands référentiels internationaux. Il repère que les compétences visées par la majorité de ces référentiels sont la collaboration, la communication, les compétences liées aux TIC, les habiletés sociales et culturelles, la citoyenneté, la créativité, la pensée critique, la résolution de problème et la capacité à développer des produits de qualité. Nombre de ces compétences sont indispensables pour apprendre en autonomie…

Ce rapport note aussi que l’intégration de ces compétences nécessite des conditions favorables :

  • « L’apprentissage basé sur la résolution de problèmes, la collaboration, l’expérience et l’évaluation formative »,
  • Les formateurs doivent non-seulement faciliter l’acquisition de ces compétences mais aussi les maîtriser,
  • « Tous les acteurs (décideurs politiques, le monde des affaires, les leaders en milieu scolaire, les concepteurs de contenus, les organisations professionnelles, les institutions de formation des maîtres, les chercheurs du domaine de l’éducation, les directions d’écoles, les parents, les familles, …) doivent être mis à contribution dans l’implantation des compétences du 21e siècle ».

Il me semble ainsi normal d’utiliser un chemin spécifique pour enseigner, différent de l’apprentissage en autonomie. Ce chemin a pour visée le soutien de la motivation et le développement des compétences spécifiques.  Cela rejoint l’apprentissage de la lecture : quand on sait lire, on lit de façon globale alors que l’apprentissage passe par une phase d’analyse syllabique …

About open learning

This post is the english translation of  ‘Réflexions sur l’Open Learning‘.

I enrolled in MOOC h817 Open on open education … For now, thanks to @ actionsFLE, I found this map which shows the open learning.

open learning de Iben Christiansen

open learning by Iben Christiansen

I like its simplicity. Through all these items, I think that several aspects stand out:
1 – relationship : networks, sharing, people, … Philippe Carré says « You always learn on your own but never without the others. » Brainstorming ideas, sharing points of view, discussions are essential to learn. This develops personal reflection, creation of links between concepts …

2 – competency : new learning, methods, informal outputs, … We no longer focus on disciplinary acquisition (knowledge and skills) but also on the process implemented. This action-learning requires an analye as in experiential learning. This approach provides the opportunity to develop adaptation skills of participants.

3 – reasonable use of technologies: tools are only one aspect of education. They are here to facilitate the construction of learning situation by erasing the boundaries of time and place.

4 – publishing : it is like a keystone that connects the three previous aspects. Tools give us fantastic opportunities to develop relationship and skills _ among other social issues. Learnrs still need to know how to express online: conquer fear, build content, argue and then publish.

All these aspects highlighted in open education are not specific to that context and should be found in many other contexts, shouldn’t they?

If you find any mistake in my english, please teach me  ! 😉

Réflexions sur l’Open Learning

Je me suis inscrit en ‘touriste’ au MOOC h817 Open sur l’open education. Je comptais y trouver un défi, un lien avec la pédagogie ouverte peut-être, à voir … Pour l’instant, et grâce à @actionsFLE, j’ai trouvé cette carte qui présente l’open learning.

open learning de Iben Christiansen

open learning de Iben Christiansen

J’aime bien sa simplicité et les différents points qu’elle met en avant. J’ai l’impression qu’au travers de tous ces items, plusieurs aspects ressortent :

1 – l’aspect relationnel : networks, sharing, people ,… Philippe Carré nous dit « On apprend toujours seul mais jamais sans les autres ». Le brassage d’idées, de points de vue, les discussions sont incontournables pour apprendre. Cela permet d’enrichir sa réflexion personnelle, de créer de nouveaux liens entre différents concepts, …

2 – l’approche par compétence : new learning, methods, informal outputs, …  On ne se centre plus uniquement sur les acquis disciplinaires (savoirs et savoir-faire) mais aussi sur les processus mis en œuvre. C’est un apprentissage dans l’action et par l’action qui nécessite une relecture pour analyser l’expérience. Cette démarche donne l’occasion de développer les capacités d’adaptation et d’évolution des participants.

3 – L’utilisation raisonnée des technologies : Les outils ne sont qu’une facette de l’éducation. Ils sont là pour faciliter la construction de situation d’apprentissage en effaçant les limites de temps et de lieux.

4 – L’incontournable savoir publier : il n’est pas forcément mis en avant mais c’est un peu la clé de voute qui relie les trois aspects précédents. Les outils nous fournissent des possibilités fantastiques de mise en relation pour développer des compétences – entre autre sociales. Encore faut-il savoir s’exprimer en ligne : vaincre la peur, construire un contenu, l’argumenter puis le publier.

Tous ces aspects mis en avant dans l’open education ne sont pas spécifique à ce contexte et peuvent (doivent ?) se retrouver dans bien d’autres contextes, non ?

Vers un développement des compétences

knowledgeLes formations ne peuvent plus se limiter à demander aux apprenants d’accumuler des savoirs, elles doivent aussi leur demander d’exploiter ces savoirs pour développer des compétences. En s’appuyant sur la définition de compétence de Le Boterf, on peut définir quelques pistes pour faire évoluer nos formations … Et si la pédagogie ouverte était un élément de réponse pertinent à ces questions ?

Cela fait quelques temps que je tombe sur  des affirmations du type « The world only cares, and will only pay for, what you can do with what you know » (Thomas Friedman dans le NY Times) et je pense que c’est très vrai (et peut-être même de plus en plus vrai). Soit ! Mais quel impact cela peut-il avoir sur nos formations ?

Cela implique un changement de paradigme de l’enseignement : passer de la transmission de savoirs à un développement de compétences.

Dans son livre Construire les compétences individuelles et collectives, Guy Le Boterf définit les compétences comme suit :

« Les compétences peuvent être considérées comme une résultante de trois facteurs :

  • le savoir agir qui suppose de savoir combiner et mobiliser des ressources pertinentes (connaissances, savoir-faire, réseaux, …) ;
  • le vouloir agir qui se réfère à la motivation personnelle de l’individu et au contexte plus ou moins incitatif dans lequel il intervient ;
  • le pouvoir agir qui renvoie à l’existence d’un contexte, d’une organisation du travail, de choix de management, de conditions sociales qui rendent possibles et légitimes la prise de responsabilité et la prise de risque de l’individu. »

Nous avons ainsi dans nos formations le devoir de créer des situations favorisant le pouvoir-agir et le vouloir-agir de nos étudiants afin de développer leur savoir-agir. Cela implique de se poser des questions sur :

  • le contexte que nous pouvons créer : l’ambiance de travail, l’organisation pédagogique et technologique, …
  • le choix de management : quelle relation entretenons-nous avec les apprenants ? Dans quelle mesure ont-ils une part de liberté ou d’autonomie ? Quel droit de regard ont-ils sur le dispositif de formation ?
  • la motivation des étudiants : qu’est-ce que je fais pour motiver les étudiants ? Rolland Viau propose des pistes riches à ce sujet (La motivation des étudiants à l’université : mieux comprendre pour mieux agir – Conférence non publiée, Université de Liège – 2006)

De plus, il me semble essentiel de valoriser la production des apprenants afin de nourrir leur sentiment d’efficacité personnelle (cf. Maïlys Rondier A. Bandura, Auto-efficacité. Le sentiment d’efficacité personnelle), moteur de leur motivation.

Il est aussi important  de les faire réfléchir sur la transférabilité des compétences qu’ils développent. Ce travail doit alors se faire en deux temps :

  1. Quelles compétences ont été mises en œuvre pour réaliser cette production ? (il n’est pas sûr que ce soit exactement les compétences visées par l’enseignant et annoncées dans le syllabus)
  2. Dans quelles situations (ou familles de situations) pourrais-je utiliser ces compétences ?

Ce travail d’analyse réflexive me paraît important afin que, tout au long de la formation, les étudiants prennent conscience de leurs progrès et du développement de leur employabilité … Dans cette optique, une auto-évaluation peut être aussi riche (voire même plus riche) qu’une évaluation par l’enseignant.

La pédagogie ouverte (présentée ici à partir d’un exemple) peut être une approche pour construire de tels dispositifs.

pédagogie ouverte

pédagogie ouverte

  • Le pôle coopération tient du contexte et de l’organisation de la formation. Il apporte du sens, des liens entre les enseignements et des interactions, aussi bien entre apprenants qu’avec des personnes extérieures : ce sont de gros facteurs de motivation.
  • Le pôle transparence, par l’utilisation de syllabus et d’analyse réflexive pour montrer le processus d’apprentissage, permet de développer l’auto-éfficacité des apprenants.
  • Le pôle participation impacte directement le management de la formation et la relation entre l’équipe enseignante et les apprenants.

Et vous, quelle(s) démarche(s) adoptez-vous pour développer les compétences des apprenants ?

Crédit photo Knowledge CC-by ofbeaton

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